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KHEOPS

Le voilier de tous vos désirs

Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 19:07

 

On Rentre

L’automne est déjà bien installé, un flux de SE nous amène de gros nuages. Tous les soirs depuis quelques jours, nous avons droit à notre petit orage. On ne voit plus trop le soleil. Les nuits sont parfois agités, et éveillée quand ça péte. Toujours le risque de chasser. Aussi on choisit des mouillages sablonneux et large. 50 m de chaine sur 7 m de fond ! Au cas où ! Là nous dormons tranquille…

Il est tant qu’on parte. Nous avons fait un petit avitaillement pour la traversée vers Syracuse. 250 milles, 2 à 3 jours suivant les vents. Surtout 2 nuits avec les pêcheurs et les cargos… J’avais essayé de recruter un copain ou deux  pour nous accompagner dans ce convoyage pour nous soulager vu notre âge canonique. Choux blancs ! Bof, nous partirons seuls comme dab.

Je pensais avoir résolu en partie le problème moteur, Bernard « d’Escapade », qui connait bien ces problèmes m’avait dit de regarder l’échangeur de température de l’inverseur. Placé en premier, dès l’entrée d’eau de mer il pourrait être en partie bouché, et ne laisserait pas passer un débit suffisant à haut régime. Il est vrai, que depuis que j’ai le bateau, je ne l’ai jamais démonté. Et les mécanos contacté n’ont pas eut l’idée de regarder vers cette pièce. Pourtant c’est le B.A BA ! Il est constitué d’un faisceau de dizaine de tubes très fins dans lequel passe à gros débit l’eau de mer, qui refroidit l’huile qui est autour. Le moteur chauffe depuis que j’ai le bateau. J’ai cru avoir tout fait pour régler ce problème, nettoyé l’échangeur eau, eau, eau huile moteur, mis de l’acide dans le circuit pour déboucher, changer la pompe à eau, changer l’impeler pour l’eau de mer, retiré le calorstat etc., etc. Le problème c’est que chaque fois il faut sortir en mer, et faire marcher le moteur à plein régime, et au bout d’une heure seulement l’alarme se déclenche. Pas évident !

Dans ce mouillage sur, j’ai pris le temps de tenter une opération. Il me restait un L d’acide chlorhydrique, j’ai essayé de nettoyer cet échangeur.  Fermé la vanne d’arrivée d’eau, désaccouplé les tuyaux sur l’échangeur, bouché la sortie, et introduit 1 L d’acide dans le tuyau vide d’alimentation. J’ai laissé ainsi l’acide faire son œuvre une ½ journée, récupéré l’acide qui était bien sale, rebranché le tout et mis en route. Cela à un peu amélioré la chose, mais le problème est toujours là. A Monastir je démonterais le fameux échangeur, et tremperait le faisceau  complètement dans l’acide. Là on verra bien si c’est ça ! Inch Allah !!! En attendant on se traine à 4.5 n, quand il n’y à pas de vent.

Nous nous positionnons au Nord de l’île, et nous partons la fleur au fusil. La météo est idoine, 15, 20 n de SE. C’est parfait. D’abord pas un brin d’air, puis en s’éloignant des côtes, la brise se lève tout doucement. C’est le moment d’envoyer le Génois. Je ne le déroule pas tout, « pour voir ». ½ H plus tard, ça souffle à 20 N. Parfait, nous marchons bien, au cap, moteur stoppé, 6.5 - 7 n sous génois seul, nous sommes au travers, que demande le peuple. Nous visons Syracuse. Epis, vers les 15 h, ça forcit, 25 - 30 - 35 N et la mer suit, avec des trains de vagues énormes. Ben qu’aurais tu fais à ma place ? J’’ai mis en fuite, à l’allure la plus confortable, en me disant que ça va passer. Obliger de barrer, le pilote n’en voulait plus, la mer grossis dangereusement, on à droit à de nombreuses déferlantes. Le bateau se comporte bien, on surfe 2 fois à  10 n et plusieurs fois à 9. Sinon nous marchons à 8 de moyenne. Jet tente de réduire la toile, car le pilote ne tient pas, finalement, je l’enroule quelques tours avec le gros winch, Mimi choquant l’écoute (Il n’y a pas que l’écoute qu’elle choque, bref). Le bateau se comporte mieux, mais les déferlantes sont toujours là, et il faut barrer avec la mer. On dévale, cap 300 – 330 suivant l’humeur. Je me maudis d’être parti aujourd’hui, avec cette bonne météo. Les Grecs, internet, et les gribs, donnaient une vingtaine de n. Nous en avons 30 et même 35 apparent au vent arrière. Fait le compte.

Au bout de 3 H de ce régime sans quitter la barre. On n’est pas inquiet, mais nous sommes excédés, nous n’avons plus l’âge de nous faire tabasser ainsi. Nous étions partis pour une traversée pépère, et…

Khéops étale moment de calme, je laisse la barre à Mireille pour aller voir « ou qu’on est ? »      Je mentirais de dire que j’ai reporté le point sur la carte, car, maintenant je dispose du logiciel de navigation  qui me sert de carte, avec un GPS  connecté sur le PC,  un traceur quoi ! Un petit bateau rouge indique notre position et notre route.

Au premier coup d’œil sur l’écran du PC, je nous situe. Horreur ! Nous sommes en train d’entrer dans l’Adriatique. Ce n’est pas le but de la manœuvre. Je pensais foncer vers le Golfe de Tarante qui est large, et me laisse de l’eau à courir.

Nous avons courus près de 40 milles, en nous ne sommes qu’à 28 milles de St Maria de Leuca. Au  bout du talon de la botte.      

 He ben ! Si je m’attendais !!!

Bon ! Changement de cap, il nous faut aller plein Est. Et ce n’est pas évident, ça mouille, ça heurte les énormités qui nous tombent dessus, mais il faut que ça passe, sinon c’est l’Adriatique, avec Bari, et Dieu sait quand on pourra en sortir avec cette forte mer.

Finalement, le vent perd de sa puissance, il adonne, et passe doucement vers l’E. Il ne souffle  plus qu’à 20 – 25 n, mais la mer reste très grosse. De temps à autre, 4 ou 5 montagnes se suivent, mais moins puissantes, car moins de vent. Nous arrivons à tenir le cap, et tout doucement le vent tombe.

« Si ça continue à ce rythme, nous serons au but vers 23 H, on marche à 6 – 7 nœuds, » j’explique ça à Mimi pour la réconfortée. Elle est prostrée, engoncée dans son ciré, calée près de la descente contre la hiloire. (Si tu ne sais pas ce que c’est, prend un dico). A la nuit le vent tombe complètement, je lance le Perkins à petit régime pour aider le génois.

Le vent est totalement tombé, le génois claque, vidé sans vent. On le rentre. La mer est toujours très forte, et n’ayant plus l’appuie du vent, nous sommes ballotés dans tous les sens.  Secoués tel un olivier par fort Mistral. Et c’est pire qu’avec 30 n de vent, le moindre déplacement sur le bateau demande un gros calcul. Le mal de mer ressurgi.

Très tôt nous apercevons le phare de Leuca, notre guide. Il est visible à 24 milles, 3 éclats toutes les 15 secondes. Je ne suis jamais passé dans cette zone. J’étudie soigneusement le plan de ce port. Il possède une grande jetée orienté Est, Ouest, qui protège très loin du ressac, et l’entrée du port. Ne voulant pas payer une centaine d’€uros pour la nuit, je décide qu’on se mouillera sur la plage, à l’abri de la digue. Si c’est possible !

Finalement nous arriverons vers minuit, ne pouvant marcher qu’à 4.5 nœuds. Plus vite,  le moteur chauffe.  Alors il faut prendre son mal en patience. Il est sur qu’à 6 n, nous serions plus appuyés, et surtout, nous serions moins remués.

A l’approche de la côte, la mer se creuse, ses coups de boutoirs sont plus forts. Nous apercevons bien les feux d’entrée de port, le vert et le rouge qui ressorte sur les lumières de la ville. C’est le vert qui m’intéresse, il est au bout de la digue. Mimi avec le projo m’éclaire des bouts de reliefs de la côte. On distingue nettement  sur tribord la jetée en ombre chinoise, les gros tétrapodes dessinent des créneaux inquiétants. La houle qui se brise dessus fait des grandes gerbes blanches. Nous sommes tout près, plus près que prévu. Gare à ne pas aller se fracasser sur ces épis de béton. Je m’écarte vivement.

On se retrouve enfin à l’abri la digue, on est presque plus secoué. Maintenant, cherchons un emplacement pour poser notre ancre. Finalement la jetée n’est pas aussi longue que je pensais. On fera avec ! On mouille devant une plage, ou la mer vient mourir dans une grosse écume.

Enfin stoppé, le vent est nul, on bouge un peu, mais c’est supportable à côté de ce qu’on à subit. Douche chaude pour se dessaler, Bolinos pour se caler, et dodo pour se reposer.

Au matin ce n’est pas très engageant, couvert, nuageux. La mer est encore grosse. Nous sommes toujours bien remués. Le site n’est pas beau du tout. C’est dimanche, et tous les pêcheurs du Dimanche sur leurs barcasses, sortent du port. La houle est toujours là. Ça brise tout autour de nous. Mimi est crevée, on ne peu pas rester ici. Le port je n’y songe même pas. Nous décidons de nous enfoncer dans  le golfe de Tarante, quitter ce sinistre endroit.

GALLIPOLI

Nous allons à Gallipoli, situé à 20 milles au Nord, à l’intérieur du golfe de Tarante. On  pense y trouver un bon abri pour cette houle. Journée de repos, avant qu’une brise salutaire nous amène ver Syracuse. La houle est toujours là très forte, houle résiduelle, oui mais violente. La sortie de l’abri est rock-n-roll, on est bien balloté. Heureusement, que l’on met cap au N après la pointe. La mer dans le dos  c’est plus confortable. Elle remonte très haut cette mer, de temps à autre on voit surgir 2 ou 3 creux très profond. Les ondes on la vie dure dans ce coin. Pas un pet de vent, 20 milles à 4.5 n. nous avons le temps d’admirer le paysage qui n’est pas très beau. La côte des Pouilles n’est pas très engageant 

De Loin Gallipoli ressemble à Syracuse, elle brille sous le soleil qui vient d’apparaitre. Ça semble très beau. Une vielle ville sur une île reliée à la terre, ou la nouvelle ville c’est construite. C’est une cité fortifiée sur son île, de gros remparts cernent les maisons.  Mais on ne retrouve pas le côté touristique de Syracuse, ni sa beauté.

Nous mouillons à l’extérieur du port, devant une sorte de plage. Des immeubles sans âmes nous dominent. Mais nous sommes à l’abri de cette grosse houle. C’est le but de la manœuvre. Nous passons l’après-midi à buller et à lire. Mimi récupère de la veille. Dodo, tôt.

Les gardes côtes en folie.

Vers minuit elle me réveille. Je crois qu’il y a un bateau des « Gardia Costière » qui vient vers nous ! En effet il se positionne sur notre poupe. Le temps d’enfiler un short, 2 matelots qui viennent à l’étrave de la vedette. Il nous pose des questions, et veulent les papiers du bateau. Ça dure,  c’est long, ils les passent au scanner les papiers. Nous, on est là qu’on plante. Ils nous demandent de les suivre dans le port. Ils veulent qu’on se mette à quai pour  fouiller le bateau. On refuse catégoriquement. On leur dit de monter à bord s’ils le veulent, mais on ne bouge pas.

 Nous sommes fatigués,  Mimi se met à faire une crise de larmes. Ils disent que c’est la police des frontières qui veut fouiller le bateau. On ne bougera pas ! Ils essaient par tous les moyens, c’est niet. Et aucune autorité ne peut nous faire bouger si nous n’en avons pas envie. Ce serait comparable à de la piraterie ! Finalement, ils me rendent les papiers, et me demande d’y aller demain matin !!! Et nous les voyons s’éloigner.Fin du premier épisode 

Les gardes côtes en folie. (2 eme épisode)                                                                                 On se recouche, pour essayer de dormir après cet intermède d’une heure au milieu de la nuit. Un moment plus tard, j’entends un moteur, « Ils reviennent ». Nous faisons le canard, on les ignore. Ils tournent autour de nous, coup de clackson. Et rebelote. Ils sont une palanquée sur l’étrave de leur vedette. De quel crime est t’on accusé, pour faire se déployer autant de monde et de matériel en pleine nuit ? Un gars en civil, poliment nous parles dans un français parfait, il nous demande s’ils peuvent monter à bord. J’accepte !

Manœuvre, demi-tour, il se présente par le cul, j’aide nos gus à monter, ils sont 2, un en uniforme de flic, et un en civil. C’est le civil qui parle français. Police des frontières, leur PAF à eux ! C’est apparemment lui le chef. Ils veulent fouiller. Hé bien fouillez ! Tout y passe, même les cales. Passeports… Il note tout notre passeport, appelle un collègue au téléphone, et lui demande si on n’est pas sur un fichier quelconque. Maintenant on attend la réponse. Ils veulent savoir si nous ne faisons pas le trafic d’immigrants !!! Surtout qu’il a vu les visas Tunisiens. Bon ça dure encore une bonne ½ Heure, puis se cassent enfin.               Fin du second épisode 

Le feuilleton de l’automne : Gallipoli en folie. 

Les gardes côtes : 3eme et épilogue !!!

Le matin, on à un peu de mal à se réveiller, Il nous faut aller à terre, j’ai besoin d’huile moteur. En voyant le port de commerce désert, à part les pêcheurs, et les nombreuses associations de plaisanciers qui ont chacun leurs petits ports, je me dis que c’est gens là on trouvé que nous pour se distraire, ils ont vu un étranger… Tiens on va s’amuser !

Un méchant clapot et 15n de vent,  nous empêche d’y aller avec Kéké. Nous levons l’ancre, et tout doucement, nous entrons dans le port. Je n’ai pas envie de me mettre le long d’un de ce grand quai désert, ou pire dans la marina. Il nous faudrait sortir les parbats qui sont dans le poste-avant sous kéké. Nous voyons une pompe à essence au bout d’un mole.  « Il doit y avoir de l’huile  » !  On décide de mouiller dans le port, à l’endroit ou nous gênons  le moins. Nous mettons kéké à l’eau, et allons à la station, personne.

 Nous allons au quai de la marina, marina très class. Nous tombons sur le pompiste qui nous dit ne pas avoir d’huile. Il nous indique ou il faut aller très gentiment, et par la même occasion ou nous pouvons amarrer kéké. Nous partons sur la route ventre à terre. Au bout de 500 m, toujours rien. J’avise un chantier naval sous la route, demande si… on m’envoie à Marco, qui me dit qu’ils peuvent me vendre de l’huile, le problème est qu’elle est en fut de 200 l, et qu’ils n’ont pas de bidons. Justement j’en ai  sur le bateau, mais c’est loin. Marco me propose de m’emmener avec son carrosse. Retour au port, saute dans Kéké, grimpe sur K, prend un bidon etc. une fois plein, il me ramène très gentiment au port. C’est t’y pas sympa, tout ça ?

Retour vers Kheops, on se prépare à partir. Je remets de l’huile dans le moteur, après en avoir pompé 3 l. Mireille qui prépare la sortie de kéké se fait interpellée par un gars en uniforme qui lui demande les passeports, Il est interdit de mouiller dans le port !  « Nous partons illico, et la garda costière à toute nos coordonnés, vu l’opération de cette nuit » C’est ce que je tente d’expliqué au soldat.

L’ancre levée, nous sortons du port, rangeons bien le bateau pour une longue étape. Pour une fois la brise est idoine. D’un coup la vedette des GC nous arrive dessus. Le soldat et 2 matelots shorts bleue marine, polos blancs nous font signe de nous arrêter. Le clapot est important. Je lui fais signe que je ne peux pas, nous longeons la grande jetée, et nous allons dériver dessus. Il me fait faire demi-tour, et me demande retourner au port.

Je m’exécute, sinon, le prochain coup, on va avoir droit à l’hélico, au croiseur, et peut-être au porte-avion. Ils me font signe de me diriger vers leur quai. Je fais me met à tourner en rond. Je refuse ! je trouve toutes les excuses possible : nous ne sommes que 2, je n’ai pas de parbats (nos parbats sont dans le poste avant, sous Kéké, pas pratique pour les sortir rapidement), qu’il y à trop de vent et qu’on va abimé le bateau, qu’on est fatigué etc. Tout y passe !

Finalement de guerre-lasse, il décide de venir se mettre à couple. Ils préparent leurs bouées, et une fois amarré, je dis au chef, car il a plein de galons, que nous dérivons beaucoup, et qu’on va aller dans les bateaux à quai. Largue vite, nous demande d’aller de l’autre côté du port, sous la grande digue.  Et, là…. Il nous demande de mouiller notre ancre ! On s’exécute, et ils se mettent enfin à couple.

Et là nous sommes repartis pour une heure de palabres. Le chef, qui est en uniforme kaki, me serre là main, mais ne monte pas sur Khéops. Il me dit que c’est son capitaine qui lui à intimé l’ordre d’agir ainsi ! Je lui explique qu’à 2, vu le vent,  je n’avais pas le choix de mouiller dans le port. Je pensais que ça allait prendre quelques minutes, d’aller chercher un bidon d’huile à la station du port. Le dialogue à été plutôt sympathique, le sous-off était un brave mec. Il parle à la radio avec son boss, qui nous demande les papiers du bateau. J’explique clairement le contrôle de la nuit dernière, et qu’à la GC, ils ont nos coordonnées. Le gars plaide notre cause à son patron, que ma moglia est fatiguée, que je ne pouvais que jeter l’ancre etc… Il veut nous mettre une amende pout avoir mouillé dans le port !!! Ça l’a choqué ce beau capitaine qu’on jette l’ancre dans son port vide. Pour lui c’était l’affaire de l’année. Peut-être grâce à laquelle il passerait commandant !!! Le sous-off est très embarrassé. Son chef apparemment l’excède !

-          « Il veut vous faire payer un PV pour avoir mouillé notre ancre dans son port»…..

-          Mimi lui rétorque : « 2 PV ! On a mouillé deux fois dans le port »

-          Il sourit et répète amusé : «  2 PV ! »

-          Je lui explique, appuyé par le geste : « Je n’ai pas de sous » et vu comme que les banques doivent être très loin, je ne crois pas qu’il me demande d’aller en chercher au distributeur…

Je ne me suis pas trompé, il discute avec ses matelots, se plaint du capitaine,  des problèmes qu’on nous a causé. En plus il y a l’affaire de cette nuit. Puis tout bien réfléchi, il nous signifie  de nous en aller, nous serre la main chaleureusement avec un sourire en coin, et  fait larguer les amarres par les 2 marins….

Tout ce dialogue c’est bien sur déroulé en italien.

Et nous ressortons du port…

THE END

 

Avec cette affaire, nous avons perdus plus d’une heure,  Il est 14 h. La brise à bien tenue, ça souffle entre 12 et 15 n, au largue, elle est parfaite pour notre route. Toute la garde robe dessus nous prenons la route du cap Colonne,  la sortie W de Tarante. 75 milles plus loin.   

  3 H du mat on passe au large de Crotone et du cap Colonne. Cap sur Syracuse.

Ou c’est trop, ou rien du tout. Pas de juste milieu avec ce P… de vent. Ou on se fait branler comme un olivier pour la cueillette des olives en basse Provence, ou c’est pétole. Depuis 21 h hier soir plus de vent. PéPérekins nous mène au train de sénateur. J’espérais qu’avec le jour la même brise qu’hier se lèverait. Que nenni ! Rien pas une ride, une mer plate comme un miroir c’est pénible, à 4.5 n. (Tu vas me dire que je ne suis jamais content. Pas content quand il y a du vent, car ça secoue, et encore moins content  quand il n’y en pas et qu’on se traine). Il faut ce qu’il faut, entre 15 & 20 n ce serait parfait. Là, rien ! Si on a gardé un reste de cette sacré houle de l’autre jour, toujours ces ondes qui nous arrivent du SE et nous font rouler de temps à autre. On n’en à ras le bol, finalement on s’arrête à…. Devine ! Tu as trouvé :

Roccella Ionica. Mais, on ne rentre pas dans le port, on se mouille juste à l’entrée, protégé de la houle par la digue.

Dernière étape vers Syracuse, 95 nm. Le vent est encore absent, nous partons le jour à peine levé, et cap sur la Sicile. La brise se lève dans la soirée, et devine d’où elle vient ? Du 210, et ou se trouve prochain havre ? Bien vu ! Au 210 …. Nous voilà beau ! Droit dans le pif. C’était prévu,  sur internet,  ils annonçaient ce courant de SW. Demain ! Pas cette nuit.

Ho ! Il n’est pas bien violent, un peu plus de 10 n, parfois 15. Pas suffisamment fort pour nous permettre de bien marcher au près et tirer des bords, mais suffisamment pour nous permettre d’y aller tout droit au moteur, vu que le moteur !!!  Alors ! que fait-on ? Hé bien, nous tirons des bords toute la nuit, en se faisant aider du moteur à petit régime. Et la nuit fut longue. Heureusement, que la lune nous a accompagnée presque jusqu’à l’aube.

Vers les 5 h nous entrions dans la passe du lagon de Syracuse, nuit noire, le PC sur la table du cockpit, suivant le trajet du traceur, guettant les feux d’entrée de la passe au milieu de toute ces lumières.      

 A 6 h notre ancre était plantée dans la vase gluante sous 10 m d’eau.

Vite dans les bras de Morphée on en a bien besoin !

Octobre :  Retour chez nous !!!  

Les violents orages qui ont fait une cinquantaine de morts et disparus à Messine nous sont tombés dessus en pleine nuit dans le lagon de Syracuse. Ils nous tournaient autour toute la journée de notre arrivée. Aussi, 50 m de chaine  par 8 m de fond nous ont parus nécessaires pour éviter les méchantes surprises. C’était bien vu.

Près de nous un gros ketch en acier, style vieille marine, sans doute un ancien bateau de travail. Il transporte une bande d’ados britanniques. 2 voiliers américains, et 2 voiliers français

La première nuit à Syracuse, à été très agitée. Nous qui avions un grand besoin d’une nuit réparatrice c’est gagné ! 23.30 H le ciel se déchaine,  des trombes d’eau se déversent, le vent violent nous fait tourner comme une fronde. Kéké qui est resté amarré à l’arrière avec 2 amarres pour plus de sécurité, danse dans tous les sens. Des éclairs déchirent l’obscurité. On ne voit pas à 30 m. Nous sommes tous les deux dans la descente, sur le qui-vive, les cirés sous la main, prêts à intervenir si jamais nous chassons. L’ancre et la chaîne tiennent bien. Les feux du ciel durent plus d’une demi-heure ce qui est très long pour un grain de cette violence. Le grain s’éloigne, le calme revient, seule une pluie fine continue.  On peut retourner se coucher !

2.30 H, rebelote, debout à surveiller, mais c’est nettement moins violent. 4 H, et c’est reparti, le ciel remet le couvert, c’est le troisième grain qui nous passe dessus. Le lendemain ciel couvert, pluie presque toute la journée. Fort clapot qui nous empêche de descendre à terre. C’est dans la soirée, par  la radio que nous apprendrons la tragédie de Messine.

Nous pouvons enfin aller à terre, faire des vivres, nous n’avons plus de pain. Depuis 2 jours nous ne mangeons que du pain ranci réchauffé à la poêle. Nous avions prévu assez large. Mais une partie du pain à moisi. Le seul endroit ou nous avons pus en acheter par raccrocs c’est à Gallipoli, ce qui à déclenché la colère du capitaine du port. Il était prévu que nous fassions la traversée d’une seule traite, mais la météo en à décidé autrement.

Donc on commence l’avitaillement pour le retour, et faire un petit stock de produits introuvables en Tunisie. Bien sur une visite au cyber, chez ma copine, qui se souvient même de mon nom. Nous sommes toujours sous le régime anti-terroriste et il faut présenter sa CI. Mais comme elle a  ma  fiche dans son PC, il suffit de… Aussi, avec cette loi bidon, la WIFI, est aussi difficile d’accès que qu’un puits au milieu du Ténéré. De tous les pays ou nous sommes passés,  l’Italie est, au niveau du net, le moins libéral, après  la Tunisie bien sur ! 

Ils ont saccagé Syracuse.

Le grand quai municipal ou nous allions faire de l’eau, est transformé en mur de la honte ! Ils ont décidé de construire une nouvelle grande marina. Elle se situe au Nord de la baie, vers la ville neuve. Jusque là rien à redire, disons, que j’approuve plutôt. Mais pour cela, ils ont fabriqués des modules en béton creux de 10X10X10 m. Qu’ils doivent  positionner dans l’eau afin d’y poser  les appontements. Devine ou ils les ont préfabriqués ? 

 Hé woui!  Tu as tout compris!  Sur le cours Umberto II, sur le front de mer, devant cette magnifique allée arborée en front de mer. Ils n’avaient pas d’autres endroits pour fabriquer leur horrible mur de béton. La perspective n’existe plus. On ne voit plus rien des arbres, et du quai on ne voit plus la mer. Et ça fait 2 ans que ça dure. Ils nous ont fait le coup de Gaza. Nous ne pouvons plus accéder au quai, plus d’eau, plus d’électricité !!! Hé, jusqu’à quand ?

 Ha ! La mafia, fait vraiment ce qu’elle veut ici. Les commerçants locaux font  la gueule.

Nous ne restons que 4 jours dans le lagon, le temps de faire les vivres et du fioul. Le temps, toujours mitigé, nous bloque souvent à bord, car aller à terre avec ce gros clapot, c’est la douche assurée. Laisser kéké amarré contre un quai clapoteux  ou il risque de l’abimer. Aller en ville, pour le laisser sous le pont, (comme à notre habitude) est un long trajet humide.

Comble de malchance, « Gégène », notre groupe électrogène bruyant, vibrant mais bien pratique, est tombé en panne. Le démarreur. (Tu vas me dire encore le démarreur ! Après le Perkins, c’est le générateur. Je ne devrais avoir que du matériel qui démarre à la ficelle. On tire la ficelle et hop, ça part… Et quand la ficelle casse, on la change ! Pas de démarreur compliqué qui tombe en panne.) (J’ai connu ça, au Philippines, les gars sur leurs Banquas trimarans (pirogues locales à balanciers. En général les flotteurs sont des bambous. Ils ont souvent un moteur de voiture, avec boite de vitesse, posé dans la coque, sur une sorte de ber, un arbre d’hélice, extérieur et youpi).  Ils faisaient partir leurs moteurs en entourant un bout autour de la poulie. Et ça marchait, même sur des gros moteurs. Il faut dire qu’ils étaient plusieurs à tirer sur la ficelle). 

 Revenons à « Gégène ». Je teste tout, ne comprenant pas d’où vient le problème. La dernière fois à Gallipoli,  il avait parfaitement démarré. Je cherche toute les causes, batteries, niveau d’huile, circuit d’eau ??? Même au tournevis, il y avait des étincelles entre les 2 pôles, mais il ne parle pas, rien, pas un clic ! Rien vous dis-je !  Je le dépose, pensant que le bendix est bloqué, toujours pareil. Je l’ouvre avec difficulté afin de voir les charbons ? Nienté. Je remonte l’ensemble, et… il ne démarre pas. J’avais oublié, il y une petite manivelle pour le démarrer quand ça veux pas. Mais je ne peux pas la mettre dans son emplacement. Le moteur est contre une cloison !!! A Monastir il fera parti des choses à voir !!!

Pour le fioul, la station dans la marina est difficile d’accès. Il vaut 1.20 € et le gars n’est jamais là en cette saison, il faut le prévenir au téléphone. Je décide d’aller le faire par 40 l à la fois (2 Jerricans) à la station centre ville à 100 m du quai. Il vaut 10 cents de moins. Avec le diable,  je transporte les 2 bidons jusqu’à kéké qui les accepte volontiers. Je fais 2 voyages pendant que Mimi va acheter les dernières denrées qui nous manque, et une quantité de pain.

Escale de rigueur à Porto Palo, une petite brise nous aide bien pour faire les 25 milles qui nous sépare du coin Est de la Sicile. On nous annonce une brise de SE. Nous ne tenons pas à passer par Malte cette année.  A l’aube nous faisons route vers Licata, il faut partir tôt car la route est longue. 75 nm. Nous comptons sur cette brise pour nous permettre d’augmenter sensiblement notre vitesse. Des la sortie de PP, le soleil n’est pas encore apparu, nous attrapons sur une de nos ligne une jolie bonite. J’avais mis les 2 lignes à la sortie du port. Nous étions entourés de pécheurs, « pourquoi pas nous ! ». C’est notre troisième bonite, des bonites toujours des bonites ! Il n’y a que ça qui mord ici, je pensais que nous pourrions nous faire une petite coryphène pour changer un peu. Elles pullulent en cette saison. Faute de grive… Il faut dire que nous ne  laissons trainer les lignes que depuis Gallipoli, avant ça ne servait à rien. Notre première bonites attrapées dans le golfe de Tarante était vraiment trop petite, on l’a rejetée d’où elle était venu.

Bon ! Après cet intermède qui nous à bien occupé une petite heure. Hé oui ! C’est pas tout de l’attraper le poisson, il faut le mettre dans un seau, afin qu’il ne n’arrose pas de sang partout. Il nous faut abréger ses souffrances. Et dès qu’il est mort, il nous faut le vider. Tout ça, prend du temps. Ça nous occupe. Comme il est bien frais, et on en est sur ! Celle là, nous la mangerons cru. Marinée au citron et au nuoc-mam. Tout ça pour dire que le vent n’est pas là. Au départ, on s’aide avec le thermique de la nuit qui souffle de terre, mais après quand le soleil est bien haut !!!

Pire, le thermique de mer prend le dessus sur la brise prévue, et on l’à dans le nez. Au début,  à  50° du vent. Ça nous fait 10 n d’apparent, et nous aide bien, Génois et GV, bien bordés, on frôle les 6 n avec l’aide du moteur à petit régime pour ne pas chauffer. Finalement, on se retrouve avec le vent qui refuse, et forci, il vient droit dans notre nez à l’W. Le génois bat lamentablement. Il faut le rentrer fissa. Mais quel effort ! Avec la GV seule pour nous aider, nous tombons à 4.8 n, on se traine de nouveau. Avec ce clapot dans le nez.  Et il nous reste une vingtaine de nm à faire.(nm, Nautical Milles, 1 mille marin  fait 1.852 km, fait le calcul !!! Ca correspond à une minute d’angle du méridien terrestre, Pour les béotiens…)

 Nous rentrons à Licata il est 20.30 H, la nuit est totale, la lune n’est pas encore levée. Les feux d’entré de port sont bien visibles. Le projo nous aide encore bien. 21 h nous sommes mouillés dans l’avant port, devant la jetée de la future marina.

Ouf!  « Long John » on the rocks, Bolinos, et dodo…

Aussi, après une longue nuit paisible, on se le prend tranquille. Je prends la météo sur le net, toujours le même régime de vent. J’hésite à traverser vers Pantelleria, pas assez de vent, et pas assez de carburant. On se le prend cool, et nous partons peinards vers Sciacca, en logeant la côte. C’est à 50 NM, ça nous rapprochera toujours de notre but. Nous y ferons encore du fioul. Après 36 milles d’une journée des plus tranquilles, nous mouillons devant une grande plage à l’abri du cap Blanco le bien nommé. Une vaste pointe de craie blanche, à  12 NM de Sciacca. La journée fut quand même animée par une vedette des douanes fonçant sur nous sirène hurlante. Nous longeons la côte au plus près pour profiter du vent. Nous ne sommes qu’à quelques milles de Port Empédocle le port d’Agrigente. Ils nous font des grands signes pour nous dérouter. Nous pensons à un nouveau contrôle. Perqué ? Le marin en treillis à l’avant de la vedette, fait semblant avec ses 2 bras de tirer au fusil ! On comprend vite, ce n’est pas un contrôle!  Nous allons passer dans un champ de tir en activité. On risque de devenir cible.  Il nous faut faire un grand détour de 2 milles vers le Sud.

Nous avons l’habitude de cette activité militaire, à St Mandrier, en partant de  Sanary vers Porquerolles, nous passons régulièrement devant le champ de tir de la Renardière. Mais là ils tirent au canon ! Le nombre de fois ou nous avons été détournés. Les zodiacs des commandos qui nous fonçaient dessus, il faut changer de route, et partir 20 nm au Sud ! Demi-tour on attendra aux Jonquets sous le cap Sicié. Une fois sur « Bird », nous étions tout dessus, on marchait à 9 n, arrivant de la Corse. Commandos, changer route. Rentrer le Génois. Et là on ne rigole pas, les cibles étaient juste devant nous. Aussi, par la suite, chaque fois que je devais frôler Sicié pour rentrer à Sanary, j’appelais en VHF le sémaphore de Cepet,  leur demandant si la Renardière était en activité. Si oui, je stoppais avant. Au mouillage nous attendions la fin des exercices. Heureusement en été, ils sont en congé. Une autre fois cependant, en partant vers la Corse, nous nous préparions à passer au Sud de l’île du Levant. Là, pareil, mais c’était pour des missiles. Et il fallait faire un détour de 50 nm !!! Alors, demi-tour, mouillage à Port-Cros, et nouveau départ à l’aube.

Depuis, je ne passe plus qu’au Nord du Levant. Et encore loin, car nous avons subis une attaque aérienne de chasseurs embarqués qui tiraient sur une cible à la pointe Est de l’île. Alors tu vois, nous avons une vraie habitude de nous faire tirer dessus !!!

Sciacca, dès 9 h nous sommes à quai devant la pompe. Un monsieur vient gentiment nous attraper les amarres. Il se trouve que c’est celui qui s’occupe du cercle naval d’à côté. Il téléphone au pompiste qui vient dans le ¼ d’heure. Je prends 80 l de carburant, juste pour aller en Tunisie, ou là il vaudra 46 cents le litre. Mimi en profite pour aller au supermarché à côté, et vider les poubelles. A 11.30 H nous repartons, cap vers le sud, cap sur Hammamet au 240. On va éviter Pantelleria.

Nous changeons de continent, nous quittons la vieille Europe, cap vers l’Afrique.

 Sous le ciel d’Orion.

Notre dernière nuit en mer est placée sous le signe d’Orion, une des plus grandes, et a mon goût la  plus  belles des constellations. Pendant les mois d’été, elle est cachée de l’autre côté du monde, dans l’hémisphère sud.  Maintenant que l’on commence à voir un ciel d’hiver, l’immense chasseur est là, bien là ! Tard dans la soirée, il couvre près de moitié du ciel visible. Ses étoiles principales, Rigel,  Beltegeuse et Bellatrix brillent presque autant que des planètes. Non pas que la Grande Ourse qui nous sert à trouver l’étoile du Nord, ou le Lion me soient indifférents, mais j’éprouve un sentiment nostalgique envers cette constellation.

Chaque fois que je lève la tête la nuit. Chaque fois que je peux l’admirer, majestueux losange, (Malheureusement, c’est de plus en plus rare) je retourne dans l’océan Indien, lors de nos grandes traversées sur « Astérix ». Les Philippines, Singapour et le détroit de Malacca, la Malaisie, l’Indonésie ces mots qui ont fait rêver l’enfant que j’été. (Il y a longtemps !) Lors des longs quarts de nuit,  avec les copains, on jouait à reconnaitre les planètes, étoiles et autres constellations, Jack connaissait le ciel par cœur, il nous faisait découvrir les nouvelles étoiles, pendant les nuits sans lune lors de notre progression vers l’Ouest. L’eau brillait de milles feux d’argents dans notre sillage : les planctons.  

Les Nicobar Island  ou nous avons été  retenu prisonnier quelques jours pour espionnage ! Ils ont bien vus que nous n’étions pas bien dangereux, et nous ont dit de partir fissa, car avec la conjonction des planètes, il y allait avoir un violent raz de marée ??? (Effectivement, lors de la pleine lune 7 planètes se sont retrouvée dans le même alignement, phénomène rarissime… Il n’y a pas eu de Tsunami !!! )

 Ceylan ou Mireille est venue nous rejoindre. 4 mois d’escale en attendant la mousson de NE. Le temps de faire un grand carénage au chantier local. Puis la descente vers le Sud, les Tchagos et les Seychelles. J’attendais impatiemment de découvrir  la Croix du Sud, je ne l’avais encore jamais vue. C’était un événement, comme le passage de la ligne, ou nous guettions fébrilement l’écoulement de l’eau dans les lavabos.( Quand l’eau s’écoule tout droit, sans tourbillon, n’y dans un sens n’y dans l’autre c’est qu’on y est ! Dans l’hémisphère Nord, le tourbillon est vers la droite, comme les anticyclones, et dans le Sud c’est l’inverse.) Le rêve devenait réalité.

Escale idyllique aux Seychelles. Nous avons découvert cet archipel merveilleux aux iles ayant des noms de miel. Mahé, Praslin, la Digue etc.… Archipel Français pendant des siècles, qui servait de base au célèbre corsaire Robert Surcouf.

La pénible traversée vers le Kenya, pénible car contre vents et courants. Une très longue escale a suivit. Il fallait que les bateaux soufflent un peu. Réparations, et changement d’équipiers. Certains devaient rentrer chez eux. D’autres avaient trouvé un autre embarquement. Nous avons même pris le temps de faire un safari homérique. Il nous fallait aussi attendre les vents favorables pour remonter vers la Méditerranée. Lamu, le port des pirates entre le Kenya et la Somalie, La remontée de l’océan Indien avec un courant portant de  5 n. Astérix faisait des longues chevauchées le long de la côte sur la grande houle océane. Le Golfe d’Aden qui n’avait pas encore cette mauvaise réputation.

Le Yémenle pays de  la Reine de Saba. Notre rencontre avec les mystères de l’Orient.   Escale à Aden, pendant le Ramadan que nous découvrons. On croyait que la ville était désertée.. Et puis le soir elle se réveillait, c’était la nouba. La flottille de chalutiers Russe.  La première fois que l’on rencontrait des Russes, des espions  Russes, car ils n’étaient pas là que pour apprendre à pêcher aux yéménites. Leurs bateaux bardés d’antennes étaient là pour le prouver. Très sympas ces Russes qui parlaient couramment Anglais. Sans doute des espions, qui surveillent le trafic des marines occidentales. Nous rêvons tout éveillés !!!

Djibouti, c’est un peut la France. Un gros contingent français protège la route du pétrole. Une vingtaine de bateaux de guerre patrouillent dans l’océan Indien et la mer Rouge. L’amiral qui commandait tous ces soldats est « l’Alindien » suivant l’Appellation de la marine nationale. Il se trouve que cet Amiral était une vieille relation, du temps ou nous exploitions notre centre équestre- restaurant. Il venait souvent en randonnée avec nous dans l’arrière pays provençal. Je l’amenais avec d’autres dans la garrigue, leurs faisaient découvrir des sites aux odeurs de thym.

Surprise ! C’est lui le boss. Aussitôt toutes les portes nous sont ouvertes, les réceptions se suivent dans la résidence, et sur les bateaux. Il nous amène avec sa Jeep explorer le pays. Découvrons  les merveilles géologiques de ce pays. Des techniciens de la marine interviennent sur Astérix. Nous sommes traités comme des princes. Les délices de Capoue… Après cette longue navigation le repos du marin. Notre séjour qui devait être que de quelques jours s’éternise.

Le port grouille de boutres qui font du trafic dans toute la mer Rouge comme au temps d’Henry de Monfreid. Une ville orientale, écrasée de soleil, avec ses quartiers louches, ses légionnaires en uniformes, ses bars à putes. Le fameux palmier en zinc sur la place Ménélik, l’ambiance d’une ville de garnison et état de guerre. Tous les soirs l’arrivée du kat, la drogue locale. Les érythréens  si jettent dessus. La vie s’arrête. Assis dans la rue, ils mastiquent  tous ces feuilles vertes mélangées à de la chaux vive. Crachent des mollards de sang sur notre passage. Ça les apaise et coupe leur faim.

Puis c’est la mer Rouge, la mer de toutes les aventures, la mer des secrets de ce vieil Henry. Tout y est, Bab-el-Mandeb (la porte de la douleur), les îles Haniches, les îles  Moussa, etc. Les boutres chargés de marchandises qui font du trafic sur les deux bords de cette mer étroite. L’Aventure je te dis avec un grand A. J’avais embarqué « les secrets de la mer rouge », et nous suivions les escales sous les îles comme les vivait au début du XX eme siècle le compagnon de ma jeunesse.  Car, c’est un peut à cause de lui que je suis ici. Ses livres ont bercés mon adolescence qui rêvait d’aventure.

Aucun problème avec les équipages de ces boutres. Au contraire, une fraternité s’installe entre marins. On partage les mêmes dangers.  Pendant les escales nocturnes, ils nous invitent à boire le thé, ou nous offrent des fruits ou des cigarettes. Ils trafiquent avec les Saoudiens de tout un tas de denrées interdites, alcool, femmes, armes etc.…

Le souvenir des 80 langoustes que nous avons cueillies en 3 nuits, dans un mouillage au Sud du Soudan. Elles nous ont régalées pendant 15 jours. On faisait escale sur un ilot désert. Un grand feu avec les épaves en bois trouvées sur la plage. On les grillait coupées en 2, arrosées de vin que nous avait donné la marine. Les orgies de crustacés sous le soleil écrasant assis dans l’eau. 

L’escale à Souakin, au Soudan, le port déserté d’où, avant l’avion, partaient les pèlerins pour La Mecque. Ville morte, avec de magnifiques bâtiments abandonnés couverts de mosaïques multicolores. Les aboiements lointains des meutes de  chiens. Les nombreux boutres posés sur les quais attendant leurs prochaines aléatoires navigations. Impossible de débarquer, un gardien nous l’interdit. Port Soudan, il nous faut du fioul, depuis des jours, plus de vent. Accueil sympathique de la population et des autorités. 3 tonnes de mazout pour les 2 bateaux. Le pays est en cessation de paiement, les Cie pétrolières ne servent que si l’on paye d’avance. Le dépôt est à 3 km du port. On paye un prix ridicule pour les 3 000 l  (La bonne époque). Comment l’amener ? On nous trouve un transporteur. Un gars arrive avec une petite charrette tirée par un âne ! Il transporte deux futs de 200 l. Nous les balance sur le bord du quai et demerde  toi !

Il repart chercher le reste. On n’est pas rendu ! Nos bateaux sont aux mouillages dans le port. A 300 m du quai. Problème, comment transvaser 3000 l de mazout contenus dans des drums, dans les tanks des bateaux  Il faut faire tout ça a la rame, avec des jerricans de 20 l.

 Hé bé ! On prend un tuyau, et on aspire, dans les futs. Le principe des vases communiquant, tu connais ?     3 tonnes de carburant !!!  A chaque fois qu’on aspire, on en boit une gorgée.  Et ce n’est pas du scotch. On crache, on tousse, on s’étouffe, mais on continue nos va et vient.

2  jours, ça va durer 2 jours le tranvasement de tous ce  fioul. Le soir, on est mort, sur les rotules. Nous  puons le mazout ! Nous mangeons mazout.  Tout notre corps est mazout. Nous en sommes enivrés.

On louvoie au milieu de la mer Rouge, GV haute, avec 30 n de vent du Nord dans le nez,       le terrible vent du Nord de Monfreid. Des creux de 4 M dans le nez, on avance comme nous pouvons. A l’intérieur c’est invivable. Le moteur tourne à plein régime. Rapidement le carburant vient à manquer, pour nous permettre de remonter vers le Sinaï.  Finalement complètement à sec, de pétrole on  se résigne à rentrer dans un port Saoudien dont nous avions vu les lumières pendant la nuit. Whedj.  On y reste une semaine, le temps des formalités, on est virtuellement prisonnier. Ils nous vendent faire du mazout à 30 cts de Francs. Toujours en Drums, mais là on était à quai. Le temps de faire de l’eau, et quelques vivres. Avant de nous lâcher, les Saoudiens nous font signer des papiers : Promesse de ne pas aller en Israël !!!

Nous finissons par le Sinaï, passage par le détroit de Tyran, ou on se vautre à minuit, sur un récif sans dégâts (un grand coup de bol). C’est la porte du  Golfe d’Akaba, qu’on remonte  avec difficulté la mer dans le pif. L’arrivée de Nuit à  Eylat en Israël, abordés avec rudesse par les gardes côtes israéliens. C’est la dernière escale de la mer Rouge.

Plus tard, j’ai fais de nombreuses traversées de l’Atlantiques, et de la Méditerranée sous le ciel d’Orion, mais beaucoup moins poétiques… Le goût de l’aventure avait disparu. 

Retour  a la dure réalité:

Après cet intermède de rêverie, on revient aux dures réalités de l’instant présent. Les traversées me laissent beaucoup de loisir pour écrire, et font travailler mon imagination.

Toujours pas de vent. Toute la journée nous naviguons au rythme de  notre Perkins asthmatique.  En fin de journée nous pouvons envoyer le génois en plus de la GV, notre vitesse augmente sensiblement. Nous apercevons nettement Pantelleria à 35 nautiques. Déjà ! Ça semble impossible, et  pourtant, il faut dire que le sommet de  l’île domine la mer des ses 850 M. Le vent forcis progressivement à 10 n Apparents, nous marchons au près, appuyé par le moteur.  Pour une fois le vent est convenable, et nous permet de naviguer au cap à 6 n.

Les lumières de Pantelleria sont de plus en plus visibles. Sur notre droite, au 280,  un halo lumineux Kekecé ? Le Cap Bon ? Impossible, il est à 70 nm. Finalement 2 H plus tard,  on comprend que ce sont des pêcheurs, de très nombreux pêcheurs. Leurs lumières nous inquiètent, car on ne voit pas leurs feux de route. En vérifiant sur le PC, ils sont sur le Banc de Pantelleria, qui est un haut fond d’une trentaine de mètres de profondeur. Ils sont tous groupé là ! Il suffit d’un peu lofer, et de les laisser le plus loin possible. Mais ce n’est pas tout, 2 cargos, sur notre bâbord,  font routes de collision avec nous. C’est une route très fréquenté, ils se dirigent vers le Cap Bon. Et nous comme des couillons il faut qu’on ralentisse, afin de ne pas risquer le pépin. Notre radar  étant en panne, nous avons énormément de difficultés pour évaluer les distances. Donc dans le doute… On laisse passer loin !

Jamais plus je ne traverserais de nuit dans cette zone, j’avais oublié tous les obstacles qui se dressent la nuit. Les pêcheurs + les cargos + plus les autres bateaux !!! Nous ne fermons l’œil n’y l’un n’y l’autre. C’est déjà difficile de jour, mais la nuit, quand on en voit 5 ou 6 autour de nous !  Les yeux rivés aux jumelles, j’essaie d’évaluer les routes de tous les cargos qui vont nous croiser. Et cette île qui ne bouge pas ! Toujours au même endroit, toujours plus de lumières qui nous trompent.

Il ne manquait plus que ça le vent refuse, un fort clapot nous secoue. Nous sommes sous le vent de l’île, on rentre le génois. Denier cargo qui nous arrive de tribord, il est droit sur nous. Je lui fais des signaux avec le projecteur, je l’allume, j’éclaire la voile, rien n’y fait, Ce con ! Il continue sa route sans se soucier de nous. Il est privilégié d’accord (Prioritaire, en venant de tribord) mais il pourrait nous passer derrière. Je vois son feu rouge qui se rapproche. La mort dans l’âme, je change de route, et fait cap vers sa route. Virage à 90° ! Et j’attends au ralenti. Il n’avance pas, il est long, les minutes me semblent des heures. Finalement il nous passe à 500 m env. sous notre étrave. Je peux reprendre la route. Maintenant, nous sommes protégés par l’île,  en dehors de leurs routes, ils passeront derrière.

 Mais le vent continue à refuser, le clapot de plus en plus violent. Nous n’arrivons plus à tenir K. au cap, Comme à son habitude le vent vient de l’endroit ou l’on va. On rame à 3.8 n, avec ce moteur qui déclenche le buser pour un oui ou pour un non !  Tant pis on va à Kelibia, à 30 nm, cap 255, le génois peut encore tenir. Notre vitesse est plus raisonnable, 5 n, mais qu’est ce qu’on est secoué ! On ne peut pas dire qu’il y a de la mer.  Mais il y un vilain clapot. De l’eau dans une casserole en train de bouillir !  Bizarre, mais épuisant.

(Clapot, clapot, par ci ! Clapot, clapot par là ! Il y a toujours du clapot. Clapot, clapot par ci ! Clapot, clapot par là ! Et nous on n’en voudrait pas……… (Sur l’air de Chico, Chico) )

Et ce moteur qui nous traine, c’est long ! Cette alarme qui se déclenche de plus en plus souvent. Ce buser qui nous vrille les oreilles. 11 H HL, (nous changeons d’heure, - 1 H.       Ça nous fait 2 H par rapport à la Grèce) nous rentrons dans le  port Af’icain de Kelibia.  

KELIBIA

Kelibia, je l’ai déjà expliqué est un grand port de pêche près du cap bon. Un quai est réservé aux plaisanciers. Les pêcheurs sortent le soir vers les 17 h, et rentre à l’aube, leur dure nuit de travail accomplie. « Che Guevara » nous appelle, et nous fait mettre à couple d’un voilier inoccupé.  Mohamed, le chef de la police du port prend  nos passeports, il se débrouille de tout. Il reviendra une heure plus tard avec la Douane. Tout est réglé rapidement. Ce n’est pas comme dans certains autres ports tunisiens, ou on nous fait lambiner dans un bureau crasseux  pendant 2 heures en nous posant tout un tas de questions qui n’ont rien à voir.

Pour payer à la PIB, (organisme national des ports de pêche). J’ai couru dans tout le port. « Che Guevara, »   le gardien de la panne, m’indique ou il faut aller. Le capitaine du port était bien venu à bord pour encaisser, mais les autorités y étaient déjà  pour les formalités d’entrée. Je repasserais qu’il me dit !!! Après une sieste bien gratinée, je me mets à la recherche du bureau de la PIB. Je le trouve à l’entrée du port. On me dit que le responsable n’est pas là, il va revenir !!! C'est-à-dire, il est parti, et on ne le reverra plus de la journée. Surtout c’est vendredi, le jour de la prière. Il a du aller à la Mosquée. Je voulais partir tôt le lendemain. Je ne veux pas qu’il m’envoie la Garde Nationale pour 7 DT (4 €, calculé sur la longueur) car c’est le prix d’une nuit au port. Sans eau ni électricité quand même, il ne faut pas exagérer.

Finalement au matin,  avant de partir, j’ai du retourner a l’entrée du port, et j’ai trouvé le Gardien-Chef, j’ai réglé mes 7 DT, au revoir et à bientôt…Il règne une grosse  ambiance dans le port, les dizaines  de bateaux qui viennent de rentrer, débarquent leurs poissons. Ça grouille. Je passe au milieu de cette foule bigarrée d’acheteur ou de tapeurs, qui attendent l’aumône de quelques poissons.   

Kheops prends le cap au 200, petite brise, on peut tout envoyer, au près serré. Descente tranquille le long de la côte. Il nous faut toute la journée pour arriver au mouillage devant la médina d’Hammamet. Un lieu que nous affectionnons beaucoup. L’eau est à 23°, elle nous fait envie, et nous piquons une tête. Ça fait de nombreux jours que nous n’avons pas goutté à la mer. Heureusement qu’on c’est baigné le soir, car dans la nuit, de gros orages nous sont tombés dessus. Au matin, la mer n’était pas très sympa, 20 n de vent NW un bon clapot. On à prévu de descendre à terre avec Kéké, afin d’avitailler, car à la marina il n’y a pas grand-chose. La Météo, encore elle, ne le voit pas ainsi. Donc cap sur la Marina.

2 jours de repos dans cette marina moderne, entrecoupés de sérieux orages. On va faire quelques courses au « Bravo », c’est le désert intégral de denrées. Des produits d’entretien, un banc de légumes défraichis, du pain de la veille, c’est n’importe quoi. Ceux qui hivernent ici doivent aller au centre ville à 9 km d’ici. On se promène un peu sur le front de mer, que des palaces, des restos, des bars, et des boutiques de souvenirs. Le vrai piège à touristes. D’ailleurs, ils sont là, partout, ils errent comme des âmes en peine. Se plaignent du temps aux boutiquiers, leurs demandent combien ça va durer. Comme  s’ils avaient le pouvoir de  faire revenir le soleil. Ils nous encerclent, avec leurs shorts à fleurs, leurs chemises multicolores, leurs bobs « Ricard » ou « Nike », leurs appareils photos numériques en bandoulière. Des allemands, beaucoup de français, et même des espagnols qui ont maintenant de nombreux  hôtels en Tunisie. On se pose pour boire un café, surprise, il est au même prix qu’à Sanary. 5 DT les 2. C’est vrai qu’il est bon, c’est de l’import, du Lavazza. Mais pour la Tunisie, c’est 5 fois le prix !!!

Notre but, en escalant dans Yasmine Hammamet, était de retrouver un copain que l’on avait rencontré en Grèce, et qui est skipper d’un beau voilier en bois de 25 m. Chou-blanc, il n’est pas encore rentré. Mais on à retrouvé des potes de Monastir qui ont été obligés d’émigrés ici faute de place chez nous. C’est incroyable le nombre de catas qui hivernent ici.

Coup de fil a Corine la secrétaire de la Marina : « nous arrivons demain ! »  Il nous faut rejoindre notre base, car dans quelques jours, un ami très cher vient passer quelques jours avec nous. Il vaut mieux qu’on soit là !

Le Mistral souffle fort, il éloigne ces orages qui nous arrosent depuis plusieurs jours. Je me pose des questions pour sortir de la place, qui est pile en travers du vent. Et en face, sur l’autre panne, à 10 m il y a les autres bateaux  qui nous font face. CE sera juste !

7 .30 H,  pas un brin d’air, le Mistral est un lève-tard. Vite, débranche la prise de courant, lance le moteur, disons au revoir aux voisins, largue les amarres. Mimi s’arque-boute sur la gaffe contre le voilier de tribord, il ne faut pas qu’on se prenne la pendille. La brise se lève doucement, le nez part dans le vent. OUF ! C’est juste, mais on sort sans dégâts. Escale au quai d’accueil, maintenant nous avons le temps. On règle les problèmes administratifs et la note, et nous pouvons breackfester tranquillement. L’air est frais, un vrais temps de Mistral. 

Nous partons pour faire les derniers 40 milles avec une petite mistralade. Le vent vient de terre, nous devons descendre vers Monastir comme « un pet sur une toile cirée. » Effectivement des le départ on frise les 7 n, nous sommes au largue,  15 n de vent, le golfe d’Hammamet va être vite avalé.

Vers les midis, on déchante. Le vent tombe franchement. Décidément cette météo ! Le génois se balade dans tous les sens. Il faut le rentrer. Là sans appuie, avec cette longue houle, on roule. On roule ainsi jusqu’à l’arrivée 3 h plus tard.  De nouveau, on est balloté dans tous les sens. C’est pénible !

A 15 H nous prenons notre place à quai. Mais pour une fois, peu de visages connus, la plupart de nos voisins de quai sont partis ou absents.

Ce n’est plus l’automne, c’est déjà l’hiver…

Le bateau bouge beaucoup sous les rafales de Mistral. Obligé d’aller parfois déjeuner dans le studio car K se balance trop au bout de ses amarres pour l’estomac de notre ami.

 Demain changement d’heure, vous nous rattrapez, enfin nous aurons tous la même heure. Je ne me casserais plus la tête pour écouter la radio…

Nous attaquons notre traintrain, désarmer le bateau pour cette longue escale, rincer, ranger, laver. Réparer ce qui doit l’être.

On va s’enfoncer dans la grisaille, l’hiver sera dur

A bientôt pour d’autres aventures…

GEMI

Mireille & Gerard Pons -  

 SY-Kheops

Marina cap Monastir -Monastir – Tunisie

  0603832298  - GSM Tunisien 216 20 24 20 49

sy.kheops@hotmail.fr - gerard-pons@wanadoo.fr   www.sy-kheops.com

 

 

 

 

Par KHEOPS - Publié dans : kheops
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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 18:46

 

 

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SEPTEMBRE :   Voir Levkas  et !!!

 

Je ne sais pas si on doit être triste ou gai en ce début septembre ? Triste, car les sanglots longs des violons de l’automne s’approchent à grand pas, et  l’été touche à sa fin. Ou gai car, enfin tous ces aoutiens malotrus sont partis, définitivement partis. Tous ces italiens avec leurs camions sur l’eau, ces allemands avec leurs Krieg-marines ne navigant qu’en flotte de 15 voiliers !!! Enfin, on respire.

Ce n’est pas pour ça qu’il y a personnes sur l’eau, aucun bateau qui se dandine entre les îles. Mais c’est plus cool, la mentalité à changé. Il reste encore des voiliers loués, mais ils sont corrects. Sinon, des propriétaires sur leurs bateaux qui prennent le temps de s’imprégner du pays.

Depuis que nous sommes en Grèce, nous avons un temps absolument idyllique, pas de gros coups de vents, seulement les thermiques, quelques gouttes de pluie récemment. Sinon grand soleil toujours. Je ne sais pas si c’est habituel ici, mais le temps est beaucoup plus stable qu’en Sicile.

Nous sommes mouillés à « Tranquille Baie » « Tranquil Bay » en anglais. La bien nommée ! Ceux qui l’ont baptisé ainsi, ne doivent plus avoir mal aux dents depuis longtemps. Car en fait de tranquillité nous sommes ancrés au milieu d’un nombre incalculable de bateaux de toute sorte et de tous âges. Et je ne parle pas du passage, ceux qui rentent et ceux qui en sortent a tout berzingue.  

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                                                         VLIKHO

C’est la baie de Nidri sur l’île de Levkas. C’est un abri très réputé, voilà pourquoi, tous ceux qui passent à Levkas viennent ici. Nous avons même eut du mal à trouver un petit coin de crique pour poser notre pioche. Pire qu’à Porquerolles en Aout. Seul avantage, on ne craint pas les coups de Mistral intempestifs.  Le site est totalement clos, et divisé en 2 baies distinctes, mais tout aussi fréquentés. Un village occupe le font de chacune de ces 2 baies.

Les collines boisées d’essences méditerranéennes plongent directement dans l’eau.  C’est très beau, très fréquenté, mais très beau. Ça nous change de Vonitsa que nous avons quitté ce matin avec regret, ou ce n’était pas la foule en délire qui nous gênait, c’est notre petit nid. Mais, il faut bien aller voir de l’autre côté de la mer comme disait Christophe Colomb !!!

 Levkas, est une grosse île montagneuse. Reliée au continent par une lagune sableuse. Afin d’accéder à la zone de navigation intéressante,  il nous faut repasser par un chenal étroit, fermé par un pont. Ce pont, est en réalité un bateau,  une sorte de bac qui pivote pour ouvrir le canal  toutes les heures pleines pour laisser passer les bateaux. Sinon place aux voitures. On n’aperçoit l’entrée du chenal que lorsque nous sommes quasiment à son entrée. Nous ne connaissons pas ce chenal. Le bateau qui nous précède d’environs un milles nous montre le chemin.

On rentre dans cet étroit chenal, caché par une langue de sable. Il est midi pile, le passage s’ouvre juste à notre arrivée. Nous sommes les derniers d’une dizaine de voiliers qui s’engagent à la « queue-leu-leu ». Nous avons pris du retard sur l’horaire, à cause du moteur qui chauffe.

 Mais qu’il est étroit ce chenal ! En plus il nous faut croiser les bateaux qui viennent en sens inverse. Tout ça demande toute mon attention. Nous croisons même un copain de Monastir qui nous hèle « Hoé ! Khéops ! ». Je réponds par un signe de la main. Mais concentré pour ne  pas aborder mon prédécesseur ou celui d’en face, je n’ai pas le temps de m’appesantir. Surtout, il me faut un bon moment de réflexion pour le reconnaitre. Mais on est loin ! Sur notre droite, sur la route qui longe le canal, une longue file de voitures, moteurs tournant attend que nous ayons fini de passer.

 

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                                                    Le Pont flottant 

 

  On longe  la vieille ville de Levkas,  on passe  devant la nouvelle marina, puis on se farcit     4 milles d’un chenal étroit qui nous mène en eau libre. Et là, nous sommes au milieu du  lac du Bourget. De l’eau turquoise entourée de montagnes Tout autour de nous, des hauts sommets. On s’attend à y voir les neiges éternelles. Oukec’est la sortie ???

Dans ce bras de mer, on navigue d’une crique à l’autre, d’un îlot à un autre îlot. On longe Skorpios la célèbre île d’Aristote Onassis, là ou Jackie Kennedy se baignait à poil sous les objectifs des paparazzis. L’île ou vivait aussi La Callas, du temps de sa gloire. De temps à autres, dans un accès de colère, ou de jalousie, elle balançait un Steinway à la baille du haut de sa terrasse dominant la mer…  Aristote le remplaçait illico bien sur. Hé oui ! C’est de l’histoire.

Et nous voilà à tranquille baie, on ne s’attendait pas à ça en septembre. Notre stand by à Vonitsa était motivé par l’attente du départ des aoutiens pour visiter ces îles plus au sud. Levkas, suivant certains historiens nés à Levkas, serait en réalité la fameuse Ithaque d’Ulysse ??? On peut toujours rêver !

  Nidri  et vlikho

Yassas ! Yassas… nous marchons dans une rue parallèle au port, derrière les maisons et les boutiques. C’est la tombée du jour, et les Grecs sortent leurs chaises dans la rue afin de prendre le frais. Ils nous regardent passés en souriant et an nous saluant, Yassas, et aimablement, on leur répond Yassas, ce qui veut dire un salut polis en Grec. On rencontre ainsi de nombreux habitant de ce village de Vlikho. Petit village entre la mer et la montagne, juste la place pour 2 rangées de maisons, après ça grimpe sévère. Ras le bol de la très touristique Nidri. Nous sommes allés mouiller Khéops dans la baie du fond.  Changement de décor. C’est la Grèce, la vraie, comme à Vonitsa. Beaucoup de bateaux, au milieu de la baie Ok ! Mais aussi, beaucoup de  place pour poser notre ancre.

Ici, nous sommes vraiment dans un petit lac, entouré de collines.  On ne voit même pas la sortie. D’accord l’eau n’à pas la couleur engageante d’un lagon, elle est d’un vert chargé, mais quel pied, quelle tranquillité. Ça peut souffler dans tous les sens on ne risque pas de bouger, 6 m de fond, 25 m de chaine de 12… Nous sommes sereins.

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                                                    Le Village de Vlikho

Le village n’à rien de particulier, des maisons alignés derrière un quai payé par l’Europe. Deux épiceries, une boulangerie, 3 Tavernas, et la route qui passe devant les maisons.

Nous sommes entourés de collines qui tombent directement dans la mer. De nombreuses essences méditerranéennes les garnissent abondamment. Le paysage sous le soleil levant est magnifique. Nous retrouvons les arbres fruitiers de notre enfance provençale, des arbres qu’on ne trouve plus chez nous, a cause la frénésie de construction que nous avons subie depuis 50 ans.  Le long des jardins bordant la rue on peut admirer des grenadiers chargés de leurs lourds fruits, Des Kakis bien murs (Plaqueminier), des figuiers aux branches lourdes de figues noires, des énormes coings qui pendent aux branches de nombreux cognassiers, même des jujubiers, et des caroubiers !!! Tu connais tous ces arbres toi ? He bien ici on les trouve encore.

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                                                                      TAVERNA 

 Nous allons faire un tour avec Kéké vers la rive Est, de l’autre côté du bassin, là, de magnifiques villas les pieds dans l’eau avec des petits quais, et 5 magnifiques Tavernas avec leurs pontons pour permettre à leurs clients d’accoster et y boire un Ouzo bien frais. Tous l’ensemble est très harmonieux ombragé par des arbres. C’est à la fois magnifique et bucolique. On ne s’en lasse pas.

Je n’avais pas encore mentionné l’Ouzo, l’apéritif national. Une sorte de pastis léger. Avec Mimi on n’en avait que très peu bu, souvent offert à l’apéro sur des bateaux arrivant de Grèce. Mais très rarement, du reste ça ne nous passionnait pas, le comparant à un ersatz de 51. Mais ici en Hellas, il prend un tout autre goût, et on s’y laisse prendre. De toute façon, c’est le seul apéro qu’on propose.

On nous le sert même à la fin du repas comme digestif dans les Tavernas !!! Le whisky est quasiment inconnu et cher. On trouve en magasin l’Ouzo a moins de 5 €, c’est donné, comparé au pastis. Mais c’est un peu comme pour le Ti-punch, on ne le savoure bien que sur place. L’Ouzo en Tunisie ?  

Je suis dans le cockpit, à l’ombre du taud pendant les heures chaudes de l’après-midi. Une très légère brise rend supportable la forte chaleur. On s’aperçoit que nous sommes mouillés juste en face une base de location de voiliers « Ionian Sail ». Hier il ne se passait rien, on avait bien vu un quai protégé par des paresbats. Mais aujourd’hui, changement de décor. C’est samedi. Et le samedi c’est le grand retour de la grande migration. Nous croyions que c’était une toute petite base, avec 3 ou 4 bateaux !!! Que nenni ! Depuis ce matin, les bateaux arrivent les uns après les autres. Et cet après-midi, en une heure il en arrive une dizaine. Alors, nous assistons avec délice au balai de tous ces voiliers qui rentrent après leurs escapades Ioniennes. Ils nous tournent autour attendant leurs tours de se mettre à quai. Puis ils se rangent sagement cul à quai, l’un contre l’autre en mouillant leurs ancres. Ma foi ça ce passe plutôt bien. Tous se débrouillent correctement pour cette manœuvre pas évidente.  Tous les équipages sont apparemment composés de citoyens britanniques. C’est sans doute une boite du même métal, car l’équipe exploitante n’est composée que de roastbeefs. On compte une vingtaine de voiliers à quai, tous des « Bavaria » !!! 18 h c’est fini 2 H de spectacle total !

Petite virée à Nidri afin de se connecter a la WIFI, car ici les lignes sont faibles. Ce n’est pas à côté, mais avec kéké et son nouveau moteur, c’est une rigolade. 10 mn plus tard nous débarquons sur une autre planète. Un monde fou, les terrasses bondées, à 18.30 H il y a déjà des touristes en train de diner. On s’installe, dans un coin tranquille, au pied de la statue d’Onassis,  bienfaiteur de l’île. Nous admirons la petite chapelle de l’autre côte de la baie. A 200 M. Puis d’un coup, un, puis un deuxième, suivit d’un troisième gros bateaux promènent touristes viennent se mettre à quai  juste devant nous pour y déverser leurs passagers. C’est des gros bateaux à plusieurs étages, il doit y avoir 500 passagers sur chacun. On se retrouve au milieu d’une ruée de vacanciers qui débarquent et se bousculent avec leurs sacs de plages à la main…

Le paradis est devenu l’enfer en quelques secondes. C’est la folie, presque, on nous marche sur les pieds ! Il en arrive de partout. Dix minutes après le calme est revenu, les équipages s’affairent à rincer leurs bateaux. Dans la rue parallèle au port, magasins de souvenirs l’un contre l’autre, boutiques en tous genres, c’est Lourdes. Vite Kéké, et retour dans notre havre… Nous passons devant les autres compagnies de locations, elles ont chacun leurs pontons tout équipées. Tous les voiliers uniformes sont à quai. Même enrouleur rouge, même décor de coque, même annexe, etc. En tout près de 200.

Nous quittons un peu notre nid afin d’explorer les environs. On se retrouve dans un dédale d’iles verdoyantes, On se croirait en Thaïlande dans la « James Bond Bay » des îles tout autour de nous, et des criques profondes. On s’approche de Skorpios, la fameuse île de ce vieil Ari. Il avait bon gout le bougre. Plusieurs maisons, dont une grande destinée au personnel. Un magnifique petit port protégé part une île, une grosse tonne (forte bouée) ou le Christina (son yacht) venait s’amarrer. Des quais garnis de gros bollards, et un débarcadère, le tout en pierres taillées. De magnifiques pelouses sous les arbres. Il s’était construit son jardin d’Eden. Rien d’obséquieux, pas de tape-à-l’œil, pas de béton. Tout est caché dans les arbres. Très soft et de bon gout.  Maintenant, depuis sa mort, cette île appartient à l’état Grec. Toujours entretenue, par du personnel habitant sur place, il est interdit d’y aborder. Suivant la rumeur, elle sert maintenant à recevoir les hôtes de marque de la nation.

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                                                 Une vue de Skorpio 

Nous mouillons dans des criques à l’eau transparente. Visite à l’île de Meganisi, nous entrons visiter  le joli petit port de Vathi, blotti au fond de son profond fjord. Des dizaines de voiliers nous suivent et entrent dans cette crique, c’est un long cortège de flottes de locations. On se sent des intrus au milieu de ces pâles nordiques. C’est la foire d’empoigne. Sur tribord, dans un profond bras de mer, un long appontement installé la par le patron de la Taverna situé au fond. C’est gratuit, ils en profitent pour s’y amarrer nombreux. Le prix à payer, un repas dans l’estanco.

 Courage fuyons, d’autres mouillages nous attendent. On fait le tour de la pointe, et nous entrons dans un autre fjord très profond, qui se divise en plusieurs criques. Nous sommes dans un cirque de verdure. Là aussi de nombreux voiliers sont ancrés blottis contre les rives. Ils ont tous un bout (corde) qui part de la poupe fixé à terre.  On comprend mieux, la raison de cet amarrage aux arbres du rivage. Nous avons 30 m d’eau sous la quille, et les seuls endroits ou on peut décemment poser son ancre, car le fond remonte, c’est le long du bord. Donc, obligation de disposer de longues amarres, grosse manip afin de mouiller, porter une amarre à terre, la nouer à un arbre ou un rocher, et mettre le bateau en place, cul à la côte. Quel boulot. Mi et moi on ne le sent pas. Trop fatiguant !

Il faut reconnaitre, que vue la profondeur des rias, on ne risque pas grand-chose au niveau coup de tabac. C’est protégé à 360°… Bon ! On va voir la suivante, mouiller traditionnellement au milieu de bateaux fixes n’est pas pensable. Et les seuls endroits où c’est possible sont occupés. C’est une copie de la première, mais encore plus fréquenté. Un petit tour et puis s’en va ! La troisième, encore plus vaste, et plus large est moins courue. C'est-à-dire, une fois dedans on remarque 2 Tavernas occupent le fond de la crique bâbord. Et un quai tapisse le fond de la crique.

Une vingtaine de voiliers de flottes sont à quai côtoyant les pêcheurs locaux. Ce qui laisse de la place ailleurs pour les autres. Nous avons plus de place pour jeter notre ancre. C’est toujours aussi profond. On trouve quand même un espace suffisant par 10 M de fond. 40 m de chaînes vont nous tenir en place. Nous ne sommes pas loin d’une barre de récifs immergés, d’où la faible profondeur.

 

Les Orages recommencent à tourner autour nous. Tous les soirs des montagnes de chantilly montent haut dans le ciel. Les messages navtex  de Kérkyra-radio nous annoncent des orages dans la mer Ionienne. J’ai pu voir sur internet que de nombreuses perturbations orageuses sont en train de gagner tout le Sud de la Méditerranée. De la Tunisie à la Turquie en passant par la Sicile et la Grèce des gros orages éclatent de grosses masses nuageuses nous envahissent. A la radio, nous entendons qu’il y a des inondations en Turquie. Ce n’est pas loin !

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                                                           VATHY 

Ça tourne ça vire, on attend avec inquiétude l’ouverture des vannes du ciel sur notre tête. Il nous faut attendre que tout ça passe. Retour à Vlikho qui est un véritable trou à cyclones. On y sera à l’abri.

 « Yagan » le bateau de Christian, une vieille connaissance monastirienne vient se mouiller près de nous. Ça fait 2 ans qu’il a quitté la Tunisie. Il vient boire un coup de rosé tunisien à bord, et s’enquérir des nouvelles des copains. Dans la foulée, lors de notre visite quotidienne à Mr WIFI, Nous recevons un mél de nos amis de « Vagabond ». Ils remontent de Samos depuis Un mois par étapes, et ils arrivent dans notre baie de Nidri. Au petit jour on  lève l’ancre et nous allons essayer de  les retrouver. Nous cherchons un peu au milieu de tous ces bateaux pendus à leurs bouts de chaîne. J’aperçois un pavillon Maltais, « C’est eux ! Là sur la gauche » Je montre du doigt le bateau à Mimi qui est à l’étrave. Personne dehors « Vagabond, Vagabond.. . Vous dormez encore là dedans ? » Bernadette apparait toute surprise de nous voir.

Nous mouillons près d’eux. Grandes effusions avec Bernadette et Francis.  Excellent café noir dans leur cockpit. Ce sont des Belges qui  vivent à Malte. Ils possèdent une maison à Marsaxlokk, c’est là ou nous les avons connus il y a 3 ans. Nous suivions depuis le ce printemps  leurs progressions dans les eaux Grecque, car tous les jours Francis envoie son journal de bord pas mél. Dans la foulée nous partons ensemble vers le Nord, Levkas et son canal.  Et oui ! Il est temps pour nous de remonter à Corfou pour prendre le chemin du retour.

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                                                      Au Mouillage a Nidri

Nous profitons pour faire du diesel au quai de la marina. Attente au pont, nous avons persuadé  les Vagabond’s de faire le détour par Vonitsa avec nous. Il nous faut faire le plein d’eau, et celle de cette ville est si bonne, que Mi en redemande. Ils ont l’air enchanté par ce joli site.

Apéro-dinatoire- spaguetto-bolo-vins à bord de Vagabond. Grande soirée ou on refait les nav, et les escales. Ça fait un an qu’on ne s’est vus, on en a des choses à se dire.

 Des places se libèrent au port, et dès le matin nous mettons Khéops à quai. Vagabond préfère le mouillage. Il a un dessalinisateur lui !!! Ils vont faire un maxi-avitaillement. Nous retrouvons Gary et Bill des Anglais très sympa (Hé oui il y en à !) et Escapade qui reviennent de leur virée.

Le soir après l’apéro sur Khéops,  les Vagabond’s retournent  à la rame à leur bord juste à temps. Nous avons droit à quai, à un bon orage, bien humide, un pisse-dru. Ça à l’avantage de  dessaler les bateaux. Le lendemain, sous la pluie Francis vient nous dire qu’ils s’en vont, qu’il n’y à pas de temps à perdre, car le vent est bon, et que demain !!! Toujours pressé mon ami. Les escales en rêvant ce n’est pas son truc. Il est épuisant.  

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                                              Vagabond devant Vonotsa 

Notre sortie du port se déroule très mal ? La grosse pendille se prend dans l’ancre ; et s’enroule dans l’hélice. Tu vois le bordel ! A 9 H du mat, je me mets à l’eau, avec le bloc de plongé, un cutter à la main, et coupe la dedans pour libérer notre hélice. Je suis épuisé, il me faudra la journée pour m’en remettre.

Nous quittons notre havre, des le lendemain matin afin de  nous rapprocher de Corfou. Un léger NW est annoncé. Sans problème !!! Jusque vers midi c’est calme plat, nous ne pouvons pas marcher trop vite, car au-delà d’un certain régime le moteur chauffe !!! 4.5 N sur le fond ! De la sortie du chenal de Préveza, à Parga il y a 30 M. De la rigolade en temps normal.

Inquiétude ! Notre sondeur ne donne plus rien. On voit bien qu’il cherche le fond, mais il n’indique rien ! Le vent se lève, dans notre pif bien sur ! Bon je vais faire court. Mer creuse, 20 à 25 n de vent. Pas envie de tirer des bords carrés. Moteur qui chauffe, on rame 2 N sur le fond! C’est la galère. On change de but. Une crique abrité 7 milles avant Parga. La dernière heure fut très pénible. La météo nous annonçait au maximum 10 N de vent, nous en avons le double. Si j’avais su ! Le bateau se cabre sous l’impact des vagues, 1 N sur le fond, on voit notre terre promise, là sous la main. Mais on ne peut l’atteindre.  Nous sommes près de la côte, et la mer se creuse encore. Je mets le moteur à fond pour passer en force. L’alarme de température se met à hurler. Tant pis pour le joint de culasse. Il y en a mare.

Ha ! Le sondeur se décide enfin à nous donner des indications, 10 m. Pourquoi fait-il ça ? Finalement on rentre dans la crique alarme moteur hurlante. Enfin le répit, eau plate, à l’ abri du vent.  Je peux enfin soulager  le Perkins.

Ouf ! On est mouillé. Nous sommes dans «  Two Rocks baie » c’est le nom de cette crique ou on avait escalé 2 heures  il y a quelques semaines, le temps d’un déjeuné et d’une sieste. C’est le grand calme. Kheops est tout seul, posé sur cette eau translucide au milieu de cette grande crique.

Le masque sur le nez, je plonge voir les sondes devant la quille. La coque est sale, plein de verdure et d’anatifes. Sur les 2 sondes, je trouve une grosse épaisseur de concrétions calcaires. « Voilà pourquoi votre fille est muette » Je regarde en même temps les crépines d’alimentations du groupe et du moteur,  même sanction (Crépine : Grille protégeant les entrée d’eau de mer servant au  refroidissement des moteurs). Bloc de plongé, et tout l’équipement je me mets à nettoyer tout ça. Les séjours à Vonitsa et Vlikho ont été fatal à la carène. Ces eaux très chargées ont été très salissantes. Comme on n’y voyait rien dans l’eau, j’ai laissé courir. je ne suis pas allé voir comment c’était là-dessous. Grave erreur. Le moteur chauffe depuis plusieurs semaines, et la cause principale était là.

Départ à l’aube, car la météo nous annonce du 5 et 6 de NW !!! Prudence ! Nous n’avons que 20 Milles à faire. Nous arrivons à Midi au milieu des 3 îles de Syvota. Le moteur n’à pas chauffé, on à pu marcher à 5 n sans problème, le sondeur remarche normalement. Cerise sur le gâteau,  le vent ne s’est pas levé. Ha, la météo ! Nous serions partis un jour plus tard ! Les doigts dans le nez… Mais les prévisions grecques étant ce quelles sont !  

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Le site de Syvota, est magnifique. Le village protégé par trois îles possède un sympathique  petit port. On navigue dans ce dédale au milieu des îles, séparées d’une centaine de mètres chacune. Des passes permettent de gagner le large vers le Sud, ou par sécurité, on fait le tour par le N de la plus grosse. Les documents que je possède ne sont pas assez fiables. Site remarquable, a voir comme tant d’autres sites.  Mais! Très encombré par des voiliers de locations, bien sur comme tous les jolis coins touristiques. Il est tôt, on continue plus au Nord,  vers la grande baie contigüe de Plataria. On mouille devant une grande plage au fond de cette baie de 3 milles de profondeur.  Nous sommes à côté d’un port dans lequel se sont retrouvées plusieurs flottes de bateaux de location. On est mieux dehors tout seul.

Finalement on est bien à Plataria, le mouillage est sur, on reste toute une journée au mouillage devant le port. On amène Kéké à la plage pour luis faire sa toilette,  le pauvre sa carène est recouverte de bernicles. Je peux aussi m’occuper de la carène et de l’hélice de K, qui est elle aussi recouverte de concrétions.  De plus on trouvé un gros tank pour les huiles usagées, on va en profiter pour y jeter les eaux huileuses de nos cales, ou suite aux problèmes qu’on à eut de l’huile moteur c’est répandue  dans les fonds. On à pompé ce liquide infâme et on l’a mis dans des bidons. Maintenant il nous faut vider les bidons. Et ici c’est équipé pour. Nous trouvons des gens qui hivernent dans le port. C’est gratuit, comme beaucoup de petits ports en Grèce. Ils ont l’eau, l’électricité, que demande le peuple. Nous avons rencontré un couple d’Anglais avec un bébé, qui vivent là depuis 3 ans sur le même bateau que nous.

Plataria est situé juste en face de Petriti au Sud de Corfou. Nous sommes tout près du but.  Escale obligatoire à Petriti. Je continue à chaque escale à nettoyer un bout de carène. Je le fais par étapes, car c’est long et épuisant.

Corfou, le retour, déception, nous pensions retrouver les Vagabond’s. Personne, dans ce vaste mouillage situé au sud de la grande citadelle, nous ne sommes que 4 bateaux en tout. Il y a un mois, on en comptait une cinquantaine. Les temps on bien changés. En allant récupérer nos méls dans un cyber, nous apprenons que Vagabond est parti vers la Sicile hier, profitant des vents favorables. Ils sont  passés par le Sud de l’île !!! Nous avons du nous croiser sans se voir. Tant pis, pas d’adieux, je ne pense pas que nous passerons par Malte.

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A SUIVRE

 

Par KHEOPS - Publié dans : kheops
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 09:37

04 MAP 

 

Corfou, corps doux – Nisos Kérkyra  (en Grec)

Nous sommes mouillés devant le village de Pedriti, au sud est de l’île. En face la Grèce continentale, l’Iperos. Quelques Km plus au nord, l’Albanie. Nous sommes dans une belle petite crique qui nous rappelle un peu certains coins de Corse. Seul le cri des  gosses qui barbotent rompt le silence. La plage est bordée de pins, de cyprès, et de très beaux oliviers centenaires.

Les cigales nous  font un accueil digne de V.I.P en nous faisant une magnifique sérénade.  Quel baume au cœur, que ce chant du soleil.  Qu’il est bô ce cricri mélodieux. Nous retrouvons par ce chant notre belle Provence. N’en déplaise à un ami ardennais. Les cigales et les oliviers font partie l’âme méditerranéenne.  Si tu ne veux plus entendre les cigales, va naviguer en mer Baltique.  Là tu ne cours aucun risque. La cigale c’est notre culture, elles ne chantent que quand la température dépasse 23°. Et puis, c’est un chant d’amour. Elle chante ainsi afin de pourvoir s’envoyer en l’air. Le sexe, toujours le sexe c’est ce qui mène le monde très cher ami turquomane.

Nous somme tous les deux plein de courbatures, dus aux chocs répétés. Les bains de mer nous soulagent de ces signes de vieillesse. 3 voiliers sont mouillés autour de nous, rien à voir avec Porquerolles en cette saison. On ne s’en lasse pas. On a bien mérité cette quiétude après ce long convoyage semé d’embuches.

Allons à terre ! Il nous faut du pain, et des bricoles. Le moteur de Kéké fait encore des siennes. Il ne veut rien savoir. Encore ce fichu pointeau dans le carburateur. On y va à la rame. Le petit port est accablé de soleil. Seuls les bateaux des  pêcheurs sont là, ils sont sortis toute la nuit. Hier soir nous les avons vus partir l’un après l’autre.  Maintenant ils reposent avant de repartir ce soir. Ce sont des caïques Grecs, très colorés. Ils doivent faires une sorte de pêche au lamparo car sur le pont supérieur, ils portent une dizaine de lampe à gaz, fixées sur une sorte de radeau. Les plaisanciers, eux, sont parties explorer de nouveaux sites. On voit des escadres de bateaux de location se déplaçant en groupe, c’est la nouvelle mode. Les troupeaux de marins moutons.

 Un panneau nous indique le supermarcket. Nous longeons les Tavernas encore vide à cette heure. C’est sympa, le long de la rue, un grand champ qui va jusqu’à la mer. Des chèvres et des ânes y paissent tranquillement.  Ha ! Le supermarcket… Un bien grand mot pour une épicerie de 100 m², bien achalandée ma fois. Le magasin est climatisé, ça fait du bien après la rue surchauffée. Nous avons la flemme d’aller jusqu’au village, plus loin dans les terres avec les bras chargés de victuailles.  

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Le retour se fait par une autre rue. Une Taverna accueillante sur la plage nous tend les bras. Nous sommes les pieds dans l’eau à 20 m de Kéké. Une bière locale, un excellent café pour Mimi. On est content d’être assis, les sacs sont lourds par cette chaleur. La serveuse est mariée à un italien, et vit à Savone. Tous les étés elle vient travailler dans l’établissement familial. Ils possèdent apparemment des terrains au bord de mer. Ils ont transformés tout ça en auberge avec piscine. Et l’été toute la famille bosse avec les touristes. Nous avons conversés en italien, quelques mots en français, elle nous apprend quelques mots Grecs qu’on a déjà oubliés. Dur, dur ! Une escale bien agréable, on reviendra ! Le Grec, (langue) trop compliqué pour nous. Nous ne disposons d’aucun ouvrage pour pouvoir apprendre quelques mots. Rien pour se familiariser avec le pays. Habituellement j’ai toujours des guides qui ouvrent quelques portes. Mais là, pour la Grèce, nienté ! Pour acheter ces guides, il faut être en France au printemps, quand ils sont mis en vente. Problème nous n’y sommes jamais. Nous disposons ce qu’il faut pour la navigation, mais rien pour les contacts c’est gênant. Heureusement qu’ici à Corfou, ils sont plongés dans le tourisme international depuis longtemps. Donc un peu d’anglais, un peu d’italien, quelques gestes avec les mains, on doit s’en sortir.  

        Olivier Local

Le tourisme ici, c’est avant tout des Anglais, des allemands, aussi des italiens moins nombreux, et nous les franchouillards, nous sommes rarissimes. Aussi quand des bateaux au pavillon tricolore se rencontrent, ils se regroupent. D’ailleurs pour venir ici en avion depuis la France, il faut passer par Athènes, et ça coûte cher. Pour venir d’Allemagne, il y a des vols directs de plusieurs aéroports à des tarifs très intéressants.

Nous changeons de mouillage, 10 M plus au Nord. A l’abri de la citadelle, superbe mouillage au milieu de la cité de Corfou. Une petite brise de 12 n souffle du N. Mouillage parfait sur 3 m de fond. On est à peine à 20 m de nos amis de «Lara ». Ce soir apéro prolongé.   

ZCITADE

                                                  Citadelle de Kerkira 

Gouvia est une immense marina, elle occupe toute une baie bien fermée. Elle doit contenir un millier de bateaux. C’est là marina de Corfou ! Nous devons y prendre place ce week-end afin d’y accueillir nos hôtes. Il nous faut rincer le bateau, faire le plein d’eau, et aussi compléter les vivres. La marina dispose  de tout un  tas de commodités, Shipchandler, superette, location de voiture, mécanicien, laverie, bars, restos, même une vaste piscine etc. Mais tout cela a un prix.

Nous amenons le moteur de kéké dans la marina avec l’aide d’un ami et de son annexe. Ce qui nous permet de ne pas se mettre à quai et de déjà payer une place a quai en cette saison. Nous sommes  mouillés à l’entrée du port, 300 m à faire. Je vais au bureau du port. Explique mon problème à un employé. Il téléphone dans la foulée au mécano qui doit passer prendre le moteur sur le quai ou nous l’avons posé. . Je vais l’attendre au bistrot sur le quai juste en face le moteur en sirotant  une draft-beer (Une pression quoi !)

En réalité tout est simple, je me remets à l’anglais, tout le monde ici s’exprime ainsi… Et en Grec bien sur ! Kalimero ! Kalimera plutôt (bonjour) quand on arrive, et après English… Efaristo pour remercier et Ciao quand on s’en va. Ca y est je parle couramment le Grec !!!

Un truc que nous n’avions pas prévu, c’est le décalage horaire ! Ici, c’est H+1. On est complètement déphasé. Quand il est 6 h en France, ici c’est 7 h ! N’oublie pas, qu’en Tunisie, c’était H-1. Ça nous fait 2 H. On est légèrement déphasé. Mais, ignorant ce fait, cela aurait pu nous créer des problèmes. !

Notre ami a loué une voiture pour aller chercher son fils à l’aéroport. Il en profite pour faire l’avitaillement de son bateau, et aller à un supermarché plus important plus loin. Il nous invite à profiter du voyage. Nous pouvons ainsi faire le plein de vivres dans un « Ldle » sans courir sous le soleil de plomb. C’est assez compliqué, car tout est écrit en cyrillique, rarement traduit en clair.(pour nous !). Alors on cherche.  Apparemment le coût de la vie est meilleur marché qu’en France. Il y a de la très belle viande, mais par contre on ne trouve pas de poissons frais, pas de poissonneries, que du surgelé !

Première impression sur cette île : Nous ne sommes pas déçus, c’est très beau. La végétation méditerranéenne est magnifique. Les paysages sont superbes. Tous les Grecs qu’on à rencontrés sont plutôt avenants, plutôt sympa… Je dirais même serviables.

 Bon on verra pour la suite. Tu connaitras nos impressions dans quelques semaines. Nos premiers Hôtes arrivent   ZMONAS.JPG

                                                  Monastere  a Gouvia

Aout –

C’est au mois d’Aout tagada, tagada !!!  Qu’on  met les bouts, tagada,  tagada !!!  (Vieille chanson populaire Grecque).

A la Découverte de CORFOU la belle: 

Kzzz! Kzzz! Kzzz! Kzzz! Kzzz! Kzzz! Et aussi Kzzzz! Kzzzz! Kzzzz! Kzzzz! Et encore, Kzzzz! Bon j'abrège! (ça c’est le chant des cigales par un soir d’Aout dans une crique grecque) Ce chant enchante nos oreilles dans notre mouillage venté. Et crois moi ce ne sont pas des acouphènes.

Ayos Stephano’s, est une petite crique bien resserrée, ou nous avons eut du mal à mouiller a  cause des 15 nœuds du thermique qui la prend en enfilade. Les rafales sont parfois fortes, et  nous avions peur de déraper avant que la Delta n’accroche. Bon, plus de peur que…Elle tient bien. Je suis allé lui rendre une petite visite, elle est bien enfoncée dans du sable vaseux. Lieu très réputé de la société locale. Sans doute un peu Bling ! Bling !!!

Nous sommes au Nord Est de Corfou, 18.30 HL (Vu notre décalage horaire) le soleil couchant pénètre dans la crique et nous aveugle, on en distingue mal le fond. Derrière la poupe de Khéops, A porté de main,  l’Albanie.  Côte pelée, on distingue une grande ville pas très engageante, vu d’ici. Au fond de la crique,  un quai, une plage, des appontements en bois couleurs locale. Ils sont faits avec des planches mal équarries, quelques Tavernas, et des maisons. Petite crique très sympathique !

Notre croisière est sur sa fin, dans 2 jours nos passagers quittent le bateau. Ils sont partis à terre pendant que nous gardons Khéops. On ne sait jamais si l’ancre ??? Ou si de nouveaux arrivants pas malins ???

Bilan de ces 8 jours : Nous sommes tous enchantés par la beauté de ces îles et de ces mouillages idylliques. Sur l’île de Paxos, à quelques milles au sud de Corfou, nous avons trouvés 2 criques comme on les imagine dans les îles grecques. Une eau cristalline, dans la baie de Lakka, lagon bleu sur lequel se reposent  de nombreux voiliers. Au fond de la crique, protégé par une petite digue, un  village coloré niché au bord de l’eau. On débarque de kéké, devant les boutiques et les Tavernas. Les maisons sont ocres, bleues, rouges, ça change du blanc habituel des villages Grecs.

Pas de voitures, pas de scooters, on circule à pieds dans des ruelles étroites pour trouver la boulangerie et un petit supermarcket. Après,  une bonne escale à la Tavernas pour se rafraîchir avec une Mythos pression. Pendant que nos amis font des emplettes dans les petites boutiques originales. On admire le va et vient des annexes entre les quais et les bateaux. Une animation qui nous change de notre vie monacale à bord.  

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                                                                             Lakka

Gaios est la capitale de l’île, même sorte de village très coloré, une placette, entourant une église orthodoxe rouge comme la brique.  La ville est plus grande. On y trouve des superettes mieux achalandés. Les plaisanciers de passage tachent de se mettre à quai pour profiter de l’ambiance des Tavernas. Ambiance tropézienne sur ce quai. Il faut s’y faire voir !  Pas d’eau ni électricité sur les quais. Pour se ravitailler en eau, un petit camion passe derrière les bateaux et propose à la vente son précieux liquide.

Le port est protégé par deux  iles. On rentre d’un côté, et on ressort de l’autre côté. Ce port est tout en longueur sur 1 mille environ Très étroit, on peut à peine se croiser à deux bateaux. On a l’impression de naviguer sur une rivière. Une grande courbe nous cache la visi. Sur l’île, à bâbord c’est la pinède touffue.  La ville tout en long défile ainsi sous nos yeux gourmands. Ce lieu est vraiment un enchantement. On passe ainsi au milieu du village, a portée de main des terrasses. Je pourrais me faire servir un verre d’Ouzo sur une table !!! 

Maintenant il faut passer l’enrochement pour sortir de la ville et du port. Le fond remonte dangereusement. On m’a affirmé que ça passe. 1.40 M Au sondeur, nous avons encore un peu de marge, mais ! Tu ne vois pas qu’on se plante là, juste dans la passe !!! Nous ferions comme la sardine qui à bouchée le porte de Marseille. Mais ça passe en douceur. Nous mouillons juste à la sortie. Tout près du centre ville tout en évitant la foule bruyante et la circulation des hors bords.

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                                                           GAIOS 

 Notre problème, c’est avitailler pendant que nos passagers visitent. Après il nous raconterons. Nous ferons mieux connaissance  avec ces villes la prochaine fois.  Kéké fait encore des siennes malgré la réparation de Spiros. Il va me revoir celui là ! Il ne veut plus démarrer. Et en plus son hélice à prix un choc, et elle est morte. C’est la quatrième en 5 ans. Quelle fragilité ! Je sens que je vais le jeter à l’eau. Nous arrivons tout de même à faire nos affaires. Tôt le  matin, retour à terre, là, nous ne rencontrons que des Grecs, dans les cafés, dans la boulangerie, dans les commerces. La ville à retrouvée sont aspect originel. Les touristes dorment encore…

D’autres sites tout aussi remarquables dédiés au tourisme nous attendent. L’avantage, ce n’est pas la grande foule. Nous passons d’un site magnifique à un autre site encore plus beau. Les belles criques se succèdent, avec leurs citadelles, leurs vieux villages, leurs ruelles étroites. Et aussi leurs villas modernes perchées sur les falaises.

Au bout de plusieurs jours, nous avons trouvés (sans doute ?) la cause de nos déboires Kékéyesques. L’eau !!! Le mauvais temps que nous avons eut pour venir, la mer aspergeait constamment le pont du bateau, surtout devant le mat. Le tank à essence à du prendre de l’eau. Kéké était rempli d’eau à notre arrivée. On vidange le petit réservoir.

Nous rencontrons de nombreuses chèvres dans les près, de nombreux moutons, mais pas de berger. Aucun pâtre Grec en vue. Par contre nous avons eut l’occasion de rencontrer plusieurs Métèques.  (Moustaki)

 De nouveau seuls. A 6 heures du mat. Il fait encore nuit. Nous avons ramené nos hôtes vers un taxi qui les à conduits à l’aéroport. Nous sommes au mouillage, le Suzuki ne veut encore rien savoir. Kéké est chargé, avec les bagages !!! Obligé de ramer pour amener nos amis à terre

Il nous faut maintenant tout remettre en état. Réparer durablement les pannes que l’on à eut pendant ces 10 jours. La pompe Hygro nous a lâché, (Alimentation des robinets du bateau) c’est le pressostat. Il est mort, usage intensif. J’en ai un de rechange. Je la mets aussitôt en place. C’est long, il faut tout démonter, plusieurs heures sans eau. Mais ça marche… En partie seulement car il y a une fuite sur le raccord de ce pressostat (c’est grâce à lui que la pompe se déclenche lorsqu’on ouvre le robinet) Maintenant j’ai le temps de réparer, et de faire fonctionner le système correctement 

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                                                        Gege Keke 

Nous sommes remontés mouiller devant Gouvia, maintenant on va voir Spyros pour le moteur de Kéké. Et, finalement nous réglons définitivement le problème de ce moteur de merd….. Je passe les détails. Je crois que nous avons fait une super affaire. Nous avons échangé un moteur de moins de 5 ans, 6 cv, 4 temps, qui fonctionne cahincaha, (avec une hélice cassée pour la quatrième fois). Contre un  vieux Yamaha 6 cv  2 temps qui apparemment ronronne comme un chat au coin du feu!!! Pour le moment !!! Et en plus je lui ai donné 400 €… Tu parles d’une affaire.

Financièrement, il est sur que nous y perdons ! Mais, par contre, au niveau tranquillité  d’esprit !!!  Chaque fois que je montais Kéké, je me posais toujours la question. Que va-t-il me faire ? Je tire sur la ficelle en m’en déboiter l’épaule. Ça marche, ou ça ne marche pas. Et quand ça marche, combien de temps va-t-il marcher. De quoi se faire un infarctus. La tranquillité d’esprit, mon pote, ça n’a pas de prix. Le nombre de fois qu’on a sorti les pagaies pour rejoindre la terre !

Ce Yamaha, à l’argus ne vaut pas plus de 500 €. Le Suzuki, en bon état, 800, 900 €. Donc tu vois, les Grecs ils savent compter. Spyros, quand il voit Khéops, il me prend pour Onassis « tu as un beau bateau !!! Me dit-il » en Anglo-Grec… Moi, pour me débarrasser de ce tas de ferraille je suis prêt à tout. Le Suzuki, joli moteur, tout noir, qui va bien avec kéké, esthétiquement parfait, pour promener des amis c’est l’idéal… Mais, il y a un mais ! Il est fragile, et depuis 3 ans il m’empoisonne la vie. J’ai voulu un 4 temps, pour des raisons écologiques, afin d’apporter ma pierre a la survie de notre planète bleue. Une autre raison,  avoir l’esprit tranquille, grâce à un bon moteur qui démarre rien qu’en le regardant, sourire aux lèvres, comme dans les pubs. Je me suis trompé. Ces petits 4 temps  sont des moulinettes extrement fragiles, qui ne supportent de fonctionner que…  quelques jours par an ! Et après on rentre chez le mécano pour qu’il le révise bien à l’ abri de son atelier. Des moteurs BOBO quoi ! Pas de la mécanique.  De l’horlogerie ! Depuis que j’ai ce moteur j’ai dépensé autant d’argent que sont prix d’achat.  Tous les ans 200 à 300 €  en partant de Monastir (En Tunisie ils ne connaissent pas ces petits moteurs) Obligé de trouver un mécano en Europe qui nous fait payer le prix fort afin que nous puissions l’utiliser !!! Une grosse Merd… quoi !!!

Et, de plus, ces 6 cv, Yam ont une réputation de grande robustesse !!!

Depuis 3 jours je dispose donc de ce vieux Yam des familles, un bicylindre. Je prends un plaisir nouveau à utiliser Kéké. Il démarre à peine la ficelle en main. Beaucoup plus puissant que l’autre, il nous permet de déjauger quand nous sommes tous deux sur son dos. Chose impossible avec le Suzuki. Que du bonheur. Bon, il n’est pas très beau. Mais ce n’est pas le plus important. Le plus fort : Quand nous avons acheté K. il possédait un 5 cv Yam…e l’ai vendu pour une poignée de figues.  Pauvre mais heureux…

Nouvelle escale à Pedriti, nos tanks à eau sont vides. Il nous faut attendre quelques heures pour se mettre à l’extérieur du petit quai pour accéder à l’eau. Il n’y a pas beaucoup d’eau, il faut y aller mollo. Nous avons l’habitude, c’est la deuxième fois qu’on fait de l’eau ici. C’est gratuit, et permis, autant en profiter car la manœuvre est aisée. Tuyau installé sur une trentaine de mètre, le robinet est loin. Le débit est faible, il nous faut 2 heures pour faire le plein des 1000 L des tanks. Manœuvre inverse pour reprendre notre place au mouillage.   

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                                                  Aiguade a Petriti

Gaios, le petit port idyllique de l’île de Paxos ou nous sommes retourné afin de mieux nous imprégner de sa beauté. Ha ! Mouillage tranquille au milieu de quelques voiliers, en façade des maisons colorés !!!

Le petit mouillage tranquille à changé de ton. Nous avons oublié un petit détail…                  Le 15 Aout ! Nous sommes le week-end du 15 Aout. Et ici, comme en France et en Italie c’est une date très importante.  Et notre petit mouillage c’est transformé en place de la concorde, en St Trop, en Porquerolles, en Porto-Cervo à la même période.

L’enfer ! Dans la soirée, des hordes d’énormes Motors--Yachts  Italiens sont arrivés par grappes, comme un essaim d’abeilles. Ils passent au milieu de  tous les bateaux au mouillage en ralentissant à peine.  Le premier fait un demi-tour à quelques mètres de notre étrave. Un gros porc torse-nu aux commandes. Met son annexe à l’eau et l’envoi avec un marin Philippin  mettre un bout à terre accrocher à un rocher qui dépasse.

Mouille son ancre sur notre chaine malgré nos imprécations. Un deuxième tout aussi gros (30 m), fait la même manœuvre et se met a couple de l’autre, et puis, suivit par un troisième plus petit qui vient lui aussi nous bloquer à notre place. On voit qu’ils ont l’habitude de ce style de manœuvre, car c’est magistralement fait…

Ils se retrouvent tous 3 à couple, amarrés ensembles à quelques mètres de Khéops. Ils mettent tous les 3 une amarre à terre, afin de ne pas bouger.  Nous sommes leurs prisonniers. Aucune possibilité de s’enfuir….Un peut plus loin même cinéma avec un plus gros. Trop loin pour nous gêner, puis un autre, suivit d’une magnifique goélette de 50 m de long, et de divers très gros M.Y. Et tous envoient un bout sur la falaise, afin de se retrouver cul à pinède. Je pense que c’est une mode locale…  Mais nous, dans tout ça nous avons tout faux… Coincés au milieu de ces mastodontes. Courage fuyons !!!

Antipaxos, petite île minuscule au Sud de Paxos. Juste quelques milles, Une heure de moteur. C’est le Pampelonne  pour St Tropez, ou si tu préfère la plage de Formentera pour Ibiza. Je m’explique, quand ils ont bringué toute la nuit dans les boites à la mode de Gaios, leurs capitaines, qui eux sont restés à bord, emmènent les bateaux dans les criques d’Antipaxos pour profiter de la mer, faire du ski-nautique, ou tout autre sport de mer bruyant…

Et nous voulant fuir la  cohue bruyante, on y va aussi ! Il est vrai que ces quelques criques sont magnifiques, une Taverna au fond de chacune réuni la foule des plaisanciers fortunés. Surtout ceux des gros MY qui aiment se la péter entre eux. Tu as vu mon bateau comme il est gros ? Plus gros que le tien, na nanere ! (et je ne parle pas de ce qu’ils ont entre leurs jambes) 

Finalement, nous,  petit Khéops, on fini par trouver une crique tranquille à seulement deux encablures de la foule déchainée. Une fois mouillé, une folle envie d’oursins nous agresse. Ces roches sont truffés de ces fruits de mer, et crois moi on en profite un max. Tant pis, on y va !  Une heure plus tard le rosé frais est sur la table, On se régale de châtaignes de mer comme ils disent.

Les italiens ! Les Ioniennes sont envahies par les italiens, sur 100 bateaux de tous types que l’on rencontre, 80 sont italiens… Ils sont chez eux. On en voit plus qu’en Sicile, ou il y a moins de bateaux. C’est plus varié. Tu en veux des gros MY de 40, 50 m de longs, de nombreux magnifiques voiliers viennent aussi dans ces eaux limpides. Si en mer ce sont les italiens qui dominent, à terre se sont les anglais. Tous les étrangers que l’on rencontre lors de nos promenades terriennes sont des roastbeefs. Beaucoup vivent ici à l’année. Ces îles sont vraiment colonisées. Ou sont les Grecs ?

On se retrouve au milieu des voiliers de locations. Ils sont ici très nombreux, des centaines apparemment. Les Cie Anglaises, Hollandaises, allemandes ont investis massivement dans ce pays. Les locataires sont surtout des allemands, des hollandais et quelques français, par ci, par là, souvent sur leurs bateaux personnels. Les Grecs, on les retrouves dans les commerces, et le matin dans les rues. Pas trop de problèmes de communications, tous ces gens là parlent italien et anglais. Nous les trouvons très affables, très commerçants. On est bien ! Tintin !!!

A part les italiens et les flottes de voiliers, la Grèce c’est les églises. Des centaines d’églises, chapelles, monastères. Toutes blanches, toujours repeint de frais, toujours fleuries et entretenues. On en trouve partout. Sur les pics, dans des criques, sur des ilots, des rochers même. Partout je te dis. Ici les Popes ont tous les pouvoirs. Ils décident de tout. Et les maires des villages font vite le choix, entre refaire une église ou retaper une école, c’est le Pope qui gagne… Si tu n’aimes pas les églises et le Sirtaki, ne vient pas en Grèce. Tous les soirs dans toutes les Tavernas, lorsque la quiétude nocturne est tombée, Cette musique monte des Tavernas. On se farci le Sirtaki à toute les sauces. Au début c’était très sympa, nos souvenirs de jeunesses,  revenaient en tête.. Nous dansions le Sirtaki dans les boites, et les Fêtes. La musique de «  Zorba le Grec » nous faisait vibrer Bonne drague grâce à cette musique qui rapproche les danseurs des deux sexes. Grâce à elle beaucoup de couple se sont formé.

 Finalement on décide de fuir la grande foule des îles. Nous allons traverser vers le continent. Ho ! Ce n’est pas la traversée de l’Atlantique, la côte est distante de 10 Milles. Cap sur Parga et sa citadelle, nous allons voir à quoi ressemble la côte.

L’après-midi, le thermique fraichi, et notre arrivée à la côte le trouve encore plus vaillant. Se mouiller dans une des 3 criques de Parga reste délicat. Finalement, après un essai raté dans la plus joli des anses encaissées par des rochers. Nous allons dans le mouillage le mieux abrité. Là ou il y a une grande plage, donc du sable. Mais gros hic, c’est aussi là que se trouvent les distractions touristiques bruyantes. Tavernas, et surtout sports nautiques à grande échelle. De nombreux  bateaux pétaradants et agressifs trainent leurs clients entre les bateaux au mouillage. Tu imagines les vagues que ça nous fait. 

Au matin, les agresseurs dorment encore. On en profite pour sauter dans Kéké pour visiter le coin. Dans le petit port que l’on jouxte, on découvre 13 voiliers de Sunsail (loueur) amarrés à couple, une véritable escadre d’allemands. La Krieg-marine est de retour. On fuit vite cet abri teuton, on visite la crique, passons sous la magnifique citadelle perchée sur son rocher. On se retrouve au pied de Parga. Le village très coloré empli nos yeux.  

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                                              Les couleurs de Parga

Accoster est un vrai problème. Il y a bien un quai, mais il est très haut. Il sert aux bateaux de promenades pour embarquer leurs passagers. On cherche, fait le tour du grand quai. Au fond, un semblant de petite plage. On y beache Kéké, il y va juste. La place du village nous accueille, très animée, très colorée. Pendant que Mimi va chercher du pain, je surveille d’un œil notre annexe et vadrouille sur la promenade ou les Tavernas sont les unes contre les autres. Il faut reconnaitre, si on enlève le côté ultra-touristique, ce site est magnifique. Il vaut vraiment le détour, cette ville protégée par sa citadelle, et des autres grands rochers qui protègent la baie.  C’est très beau. De 7 h du mat à 10 h, après c’est le cirque. Cette ville à  un gros passé historique. Elle à servi d’excuse pour des guerres entre les Ottomans, Anglais et Français qui se la disputait. 

On se casse vite, cap sur Préveza à 30 nautiques, en longeant la côte et en découvrant de nombreuses criques et baies désertes ou presque. Nous trouvons aussi de nombreuses plages à peine occupées. Derrière la longue plage, sur la route qui la longe de nombreux camping-cars stationnent.

Préveza est une petite ville située à l’entrée d’une sorte de mer intérieure entourée de montagne. Pour entrer il faut franchir un chenal balisé. Nous mouillons près du port et de la ville, abritée de tous côtés, au milieu de quelques voiliers de passage. Préveza est surtout connue par tous les plaisanciers Méditerranéens pour ses 3 grands ports à sec, surtout Marina Cleopatra, la plus importante, une marina ultramoderne. Ceux qui naviguent dans ces eaux laissent leurs bateaux hiverner ici à sec. L’aéroport n’est qu’à 500 m des chantiers.

Cette mer intérieure, sorte de grand lac d’une vingtaine de milles de profondeur sur  6 M de large. Tu vois il y a de quoi faire. De nombreux mouillages, criques, sites antiques, et au des villages avec des petits ports, des Tavernas, des églises (ne les oublions pas). Juste devant entre l’île de Levkas et Préveza, c’est déroulée la célèbre bataille navale d’Actium entre la flotte conjuguée du non moins célèbre Antoine (pas le chanteur élucubrationniste) et de la célébrissime Cléopâtre sa fiancée, contre Octave son concurrent pour le trône de l’Empire Romain. Et devine kiki kagagné ? C’est Octave… Cléopâtre et son amant filants à l’anglaise abandonnant leurs soldats à leurs tristes sorts.

Ce fut la plus grande bataille navale de l’antiquité… Et ça c’est passé ici, sous nos yeux, on imagine les centaines de trirèmes s’élançant les unes contre les autres, les milliers d’esclaves debout sur les rames, Les Galères s’éperonnant dans la joie et la bonne humeur. Les légionnaires s’étripant allégrement. Quel spectacle grandiose !!!

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                                               Le chateau de Vonitsa

Nous somme mouillés sous les remparts moyenâgeux de Vonitsa, petite ville nichée dans la mer intérieure de Préveza. C’est  encore une ville magnifique. (Tu vas trouver que nous trouvons toutes nos escales très belles… Ben oui ! On s’extasie chaque fois que nous découvrons un nouveau site. Sinon on ne serait pas là !!!). Une  plage, un petit port-abri protégé par un brise-lame de roches. Nous sommes dominés par les murs d’enceinte crénelés d’un château médiéval  encore en bon état. Un vrai paysage de carte postale.

Incroyable ! En relevant le mouillage, Mimi à trouvée les 2 derniers mètres de la chaîne ainsi que l’ancre constellées de petits oursins. Nous étions restés à peine 3 jours au mouillage, dans du sable vaseux, et  voilà que les bébés oursins émettent domicile sur cette ferraille. Nous avions bien remarqué la quantité incroyable d’oursins qu’il y a dans cette mer intérieure. Mais de là à en faire la récolte au bout de la pioche !!! Sur tous les bords de quais, de rochers, des minuscules oursins, ainsi que des minuscules moules.

Dans cet Aber, on trouve de très nombreux parcs d’élevage de poissons. Trop nombreux ! Nous apprenons de la bouche d’un copain qui a hiverné ici à Vonitsa que la ria est constellée de sources d’eau douce. Il en sort partout. Ça explique la quantité d’oursins, et aussi la violence du courant à l’intérieur du bassin.

L’eau doit être très riche dans cette sorte de lac, effectivement elle n’est pas très claire. Les trop nombreux élevages de poisson y sont pour beaucoup. Quand nous mouillons sur 5 m, nous ne voyons pas le fond. Par contre nous apercevons de nombreuses tortues, souvent énormes qui viennent respirer à la surface, même dans le port, nous n’en avons jamais vu autant depuis que nous naviguons. Elles trouvent là leur nourriture préférée, les méduses, de grosses méduses marron apparemment inoffensives. Les tortues doivent s’en délecter. Depuis que nous sommes en Grèce, ce sont les premières méduses que nous voyons. Et puis il y a les  incontournables dauphins qui viennent se nourrir près des parcs à poissons et effectuent des magnifiques chasses au milieu de centaines de mouettes posées sur l’eau, attendant leurs tours pour festoyer.

Orages !!! La période orageuse est là. De gros nuages blancs, des cumulus énormes tournent dans la région. Pendant 3 jours, au mouillage, on redoute la fureur du ciel. Je rajoute de la chaine au cas où ! Finalement, quelques rafales de vent, quelques gouttes de pluies qui ne lavent même pas le bateau. Toutes ces nuées disparaissent ensuite comme par enchantement, les eaux du ciel ont dues arroser d’autres coin 

 

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                                                          Le Port 

Les tanks a eau commencent à être bas, ça fait maintenant 15 j qu’on à fait le plein des cuves à Petriti. Nous avions posé Khéops à l’extérieur du petit quai, là ou il n’y a pas de fond. Mais on s’est débrouillé de poser l’étrave dans 50 cm d’eau. Là, correctement amarré, on à pris tout notre temps pour faire le plein, le débit était faible. De plus nous n’étions pas les seuls, nous partagions notre eau avec d’autres bateaux à quai, mais eux à l’intérieur. Mimi, comme à son habitude rinçait dans les seaux des vêtements bien salés. L’opération à duré plus de 2 heures.

Aujourd’hui, donc, nous allons à quai à Vonitsa, pour faire de l’eau. Une vingtaine de bateaux occupent déjà l’espace. Des le matin, nous attendons au mouillage qu’un bateau quitte sa place. Je suis dans le cockpit en train de lire, je guette. 2 petits voiliers sortent, mais ils ne nous laissent pas assez d’espace. Ha ! Un petit cata se fait la malle, là, Khéops doit pouvoir mettre sa poupe. Je saute dans Kéké et vais vérifier si nous pouvons nous y mettre. J’alerte les copains qui se sont incrustés sur ce quai, afin qu’ils nous prennent les amarres.

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                                                     A Quai a Vonitsa 

Ce petit port, ce n’est juste qu’un quai, protégé par un long brise-lame en roches empilés. Il protège bien les bateaux à quai des effets des vagues

Ce port est entièrement gratuit, d’où son grand succès, il est toujours plein. Surtout très pratiques pour faire de l’eau. Mais en réalité, ce petit nid dans lequel on se sent bien, est très peu touristique. Juste quelques bateaux passent par là chaque jour. Ils font une escale de 1 ou 2 jours et repartent continuer leurs explorations.  Donc, ça circule rapidement, a part quelques arapèdes qui squattent pendant des semaines accrochés désespérément à leur rocher,  il y a souvent des places qui se libères, et là il faut faire vite.

Nous pouvons ainsi faire tranquillement notre plein d’eau, Mimi ses rinçages. Nous retrouvons des vieilles connaissances : « Escapade » et leur magnifique goélette. Ils ont leur voiture sur place, car ils ont fait un long séjour dans le coin. Bernard se propose de m’emmener dans sa voiture avec des bidons vides afin de faire du fuel a une station service en ville. Je peux ainsi faire 120 l de diesel, on commençait à être sérieusement à sec. Et ici, en Grèce, les pompes à quai son rares, très rares. Alors, et bien on se fait livrer par des petits camions, a des prix prohibitifs… Ou, on a un bon copain qui à amené sa voiture pour cause de très long séjour, avec lequel, on peut aller à une station service avec un prix normal. (1 €). Nous ne sommes pas loin des supermarcket, et nous disposons de la WIFI dans tous les bars. Ils sont en avance sur nous les Grecs !!! Que demande le marin !  

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                                            La Chapelle du Chateau

Problème ! Il n’y a pas de courant à quai. Et je suis obligé de faire fonctionner mon très bruyant générateur. Et ça pendant des heures. Et ça nous crée des critiques et des inimitiés parmi les arapèdes. Il est vrai qu’il est très bruyant, et je me sens gêné par rapport à nos voisins immédiats. J’hésite à le mettre en route, et mes batteries se mettent a genou, les frigos se réchauffent, heureusement nous n’y restons que 3 jours, le temps de faire nos affaires, vite on retourne au mouillage. Toutes les nationalités sont installées sur ce quai, Anglais, hollandais, italiens bien sur, et nous pauvres français.

On profite de cette escale dans ce petit paradis pour faire du tourisme, et aller visiter le château médiéval qui domine la ville. La nuit il est éclairé, et c’est magnifique, ça nous donne envie de monter les quelques marches qui mènent à cet ouvrage. Tous nos voisins l’ont visité. Pourquoi pas nous ! Et il vaut le coup, déjà par le coup d’œil aux paysages environnants que l’on a d’en haut. Et par les restes de l’architecture d’abord Byzantine puis Vénitienne. Le château et ses remparts couvrent 8 hectares. Sacré construction.

Nous restons là quelques jours, au mouillage, nous y sommes bien, attendant les nouvelles des prochains hôtes qui doivent nous rejoindre… Inch Allah.

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                                                                                        Mouillage  a Vontsia 

A suivre

 

 

 

 

Par KHEOPS - Publié dans : kheops
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 09:23

 ZKKK

 

l Pret  au depart

La chaleur est bien là, l’eau est à 23°. On se sent vraiment en été. On souffre un peu de la chaleur, car par encore habitué à cette brusque différence de température. Les tauds ne sont pas encore installés, car tout n’est pas prêt dans le cockpit.

Tu as lu le récit de notre petit tour dans les îles proches.  Nous avons enfin trouvé la cause de cette fumée, le moteur tourne maintenant normalement, encore quelques bricoles dessus pour le finir complètement et ce sera OK.

La chaleur est devenue intense, on cuit littéralement, 35° à l’intérieur du bateau. Quand le thermique se lève dans l’après-midi, ça nous fait respirer un peu d’air marin. S’il est fainéant, c’est l’étuve. Notre baignade quotidienne, est attendue tous les soirs comme un grand plaisir. L’eau est d’une douceur !!! Elle nous rafraichie !!! C’est un vrai bonheur, elle nous fait tomber la température du corps. Après nous sommes nickel, prêt pour une bonne douche sur le quai qui complète notre bonheur. Après c’est suivit de  l’apéro à la fraiche. (Fraiche si on veut !!!). Le meilleur moment de la journée de notre dure vie de vagabond !!!

La jupe est maintenant finie.  Hamadi le stratificateur que j’attendais depuis plusieurs semaines, car il avait beaucoup de boulot au port de pêche, est enfin venu travailler sur cette sacrée jupe. Il m’à fait un super boulot. Comme ça, ça ne bougera pas. J’avais ramené de France une plaque de contreplaqué marine qu’on à utilisé. Nous l’avons enduite de tissus épais, et solidement stratifiée sur le dessus (là ou on marche)  en fixant par avance l’échelle de bain qui me faisait soucis. Nous allons faire une finition légère afin de pouvoir l’utiliser cet été. A notre retour, l’hiver prochain nous nous occuperons de la cosmétique, habillage avec des lattes de teks….

Kheops est maintenant à terre, grand radoub annuel. Il nous faut le faire tout beau après le sale hiver qu’il a passé. Le carénage est toujours une opération très crevante. Vivre sur le bateau posé sur du béton, les frigos stoppés, les ouvriers à bord et autour, on ne peut pas faire couler l’eau sous la coque, bécause peinture fraiche ! Donc pas de douche à bord, nos besoins naturels se font dans les toilettes de la marina, de l’autre côté du port. Le matin quand la forte envie de faire caca te prends au saut du lit,  vers 6 h du mat, il faut descendre endormi la haute échelle branlante, enfourcher le vélo, et foncer avec cette grosse envie dans le ventre… Au retour on est cool, libéré et bien réveillé. Pas question de se recoucher

 

 ZCarenage

                                                        Carenage

Le bateau est lavé, gratté frotté, 2 couches d’antifoulling, la coque est lustrée, on le remet d’aplomb pour ses futures navigations. Le groupe électrogène à été déposé à terre, il est parti chez le réparateur, je t’avais expliqué qu’il ne nous fournissait plus 230 v. J’attends impatiemment qu’il revienne OK..

Le soleil cogne de toute ses forces sur le béton, monter et descendre l’échelle N fois dans la journée. Qu’il est haut ce bateau à terre ! Le soir on est sur les rotules. Hamadi vient en même temps nous faire la finition de la jupe.  On se fait littéralement bouffer par les moustiques, j’ai des chevilles comme des poteaux a force de me gratter. On ne sait pas d’où ils sortent. Pourtant toutes les armes anti moustiques connus sont utilisées. Mais ça gratte quand même.           

Et c’est là que choisit nos anniversaires pour nous tomber dessus ! Ce n’est pas le meilleur moment ! Ils ne pouvaient pas attendre un peu avant de nous tomber dessus !!!Voilà, le 24, j’ai passé le cap. Le chiffre 6 précède mon âge. Pour tout dire cela ne me m’emballe pas du tout cette situation. Mais que puis-je y faire ! Il faut faire avec ! Ma seule consolation, je suis devenu sexagénaire, d’accord, mais dans sexagénaire il y a sexe ça me laisse beaucoup d’espoir pour la suite… « Pourvou qué ça doure  encore 30 ans !!! »

 Dans notre tradition festive, afin de fêter l’événement. Nous sortons ! Après avoir fini avec regret notre dernier fond de Johnny Walker, la dernière bouteille qu’on avait ramené de Lampedusa, on s’offre un des bons restos de la marina : « the Captain » Un bon Filet de bœuf grillé nous requinque de notre dure journée.

Khéops est retourné à sa place, nous sommes maintenant lancés dans le tremplin qui nous mène au départ, la prochaine gazette que tu recevras, partira sans doute de  Grece

 

JUILLET : HE oui ! Déjà !  

Grillons : Petit grillon, c’est l’été, d’accord ! Mais ce n’est pas une raison pour investir Khéops. Ok, tu nous berces de ton chant, tu te balades partout sur le bateau, dans la salle de bain, ou, voyeur, tu participes à nos douches. Tu te promènes sur la bôme, sur le grand taud blanc qui nous protège des chauds rayons de Ra, afin de crisser très fort. Ok,  tu cherches désespérément une compagne, mais ce n’est pas une raison pour nous casser les oreilles.

Encore on a du bol ! Notre copain Michel, lui, il naviguait le long de la côte d’Hammamet, quand soudain  un vol de grillons qui passait par là c’est abattu sur son bateau. Il a été envahi. Il y en avait partout. A son arrivée au port, il lui a fallut la journée pour s’en débarrasser.

ORAGE… HO ! RAGE !

Ça fait près de 1 mois que la chaleur est intense sur notre belle marina. Cette chaleur ralentie considérablement le travail. Tout le monde se traine, nous transpirons à longueur de journée à grosses goûtes. A partir de 11 H du matin, jusqu’à 16 h, on s’abrite à l’intérieur du bateau c’est encore là ou il fait le plus frais. Le ventilateur tourne nuit et jour quand il n’y a pas d’air. Tous les bateaux habités se sont vêtus de leurs tauds (grande toile qui couvre le bateau) de soleil afin de se protéger de la canicule.

 Nous aussi, nous avons installé notre grand taud blanc afin de faire tomber la température dans le bateau. Il est très grand, il recouvre tout l’arrière du bateau jusqu’au mat. Grâce à ça, dans le carré nous pouvons vivre à l’intérieur avec seulement 35° !!! Heureusement que le thermique nous rafraichi un peu les après midi. Ce serait intenable.

Mais voilà, a force de faire grimper la température dans la cocotte, à un moment donné il faut que ça explose. Tu vois ça tous les jours en France en ce moment. La météo nous annonce le   passage d’un phénomène orageux pendant 2 jours. Dans le sud de la France un fort mistral c’est levé. Il va comme d’habitude nous amener vos nues chargées d’électricité.

 Le soir, nous voyons  monter de gros  nuages noirs, et les éclairs zèbrent l’horizon vers l’intérieur des terres. Car chez nous les orages viennent généralement du centre du pays.       Là ou la température atteint 60°. L’atmosphère est de plus en plus lourd, l’ambiance électrique. Nous sommes tous alertés, aussi nous préparons tous nos bateaux à une grosse averse, et à des rafales violentes. Branle bas le combat !!!

Les premières grosses goutes commences à tomber, ça y est c’est parti, chacun regagne son poste, on s’attend à tout, mais pas à ce qui va nous tomber dessus. Notre grand taud est bien arrimé, il nous protège de la pluie. Les rafales de vent se font plus violentes. Il pleut bien, ça rince le bateau.

 Ha ! Accalmie. Tu crois que c’est déjà fini ? Que nenni, nous sommes dans  l’œil du cyclone. La nuit est maintenant tombée. D’un coup une forte stridulation qui va en crescendo vient du fond du port, le son augmente de plus en plus, et un très violent coup de vent nous tombe dessus, des rafales d’une force inouïes viennent de l’arrière. Heureusement nous étions dehors, nous sautons sur le taud pour le maintenir serré. Eviter que le vent ne s’engouffre dedans. Nous avons l’impression qu’on va décoller. Le vent est brulant, à une température de four. On a du mal à respirer. Nous sommes impuissants à aider notre bateau, heureusement que nous avions anticipé.

Plein de monde sur le quai, des ombres courent dans tous les sens. Les bateaux se couchent avec une violence inouïe, nous avons le pont dans l’eau, nous voyons les bateaux près de nous complètement couchés les uns sur les autres. La pluie vole à l’horizontale. Un vrai désastre. Ce phénomène ne dure que quelques minutes, 2, 3 peut être. Mimi profite de l’accalmie relative pour regarder vers l’avant, « Kéké est retourné » crie t’elle…. Je fonce, effectivement il pend au bout de sa drisse sur la tranche, le réservoir d’essence a ses côté, ainsi qu’une pagaie. Sous les rafales, je le hisse à l’aide du winch, le redresse, et le remet dans l’eau, c’est là qu’il risque le moins. On récupère avec la gaffe, le tank et la rame. Voilà tout rentre dans l’ordre. On profite de ce répit pour faire une tournée d’inspection. On a du bol, pas de dégâts. Les rafales reprennent, mais de l’avant maintenant, beaucoup moins violentes, mais toujours inquiétantes. Marcin m’appelle, la passerelle pend sur la jupe toute neuve, elle risque de l’abimer. Il m’aide à la poser sur le quai. On est plus tranquille ainsi. A l’intérieur du bateau, c’est un désastre, tout à giclé sur le plancher.

Ce régime de vents tournants et violents dure jusque vers les minuits. Puis tout ce calme. On peu enfin dormir bercé par la pluie. Au matin, radio-ponton commente cette tornade nocturne. Certains ont eut le temps d’observer leur anemo, et ont relevés un pic à 80 nœuds. Pas mal de dégâts sur certains bateaux. Chandeliers tordus, voire arrachés, tauds déchirés, génois déroulés, coques rayées. Pares-battages salis par la peinture antifoulling du bateau voisin. C’est dire, sous la puissance du vent, il avait eut l’indécence de montrer ses dessous.

Gégène notre groupe électrogène à  fin par regagner sa place à bord. Il a eut droit à un bon lifting. Son bobinage à été refait, il était grillé. Après quelques autres bricoles, il fourni maintenant allégrement ses 230 V.

Licata.

Hé voui ! Licata. Surprise, ce n’est pas Syracuse. Quelques petits problèmes techniques, nous ont amenés à escaler (en colimaçon) à Licata. Le moteur qui accélère sans qu’on ne lui demande rien, et je découvre une fuite d’huile sur un flexible de l’inverseur. (Boite a vitesse du bateau). Ceci causant cela. Il faut réparer. Et Licata me parait une bonne place pour ça. En plus on connait bien, on pourra compléter nos vivres ici. Il nous faut être à Corfou ce Week-end, il ne faut pas perdre de temps.

Bonne nuit de sommeil au mouillage devant une plage. Arrivé à 20 h, nous avons grand besoin d’un bon bain, pour nous remettre d’aplomb après tout le remue-ménage de ces 30 h de nav  un peut agitée. Car, nous avons été shakerisé par la machine à laver locale. Mimi était bien patraque. Cette escale nous remet tout en place.

 Nous sommes entourés de grosses méduses blanches ornées sur la corole d’un liseré noir, très jolie d’ailleurs. (Les plus grosses font 50 cm, elles ne semblent pas avoir de filaments) Mais pour le bain ! Il sera remplacé par un coup de sifflet bref.  (vieille expression de chef de gare, quand sa femme se montre trop pressante)

On ne sait pas si cette variété est urticante, mais dans le Doubs (Besançon) abstient toi. L’eau ne fait que 20°, nettement moins que chez nous. Mais tant pis, j’y vais. Je suis dans la jupe le matériel a l’air, j’attends que ces magnifiques créatures est fini de mater mon sujet, et aillent se faire admirer un peu plus loin. J’en ai tellement envie. Ha ! Une accalmie, plus d’hydrozoaires en vue, je plonge vite. Quel plaisir après ces 2 derniers jours. L’eau est fraiche et bienfaisante. Je revis, la fatigue disparait comme par enchantement.

Bon d’accord, je remonte aussitôt, pas le temps de faire quelques brasses, ça urge ! Et si elles sont urticantes hein ! C’est toi qui viendras me pommader ! Test de l’échelle nouvelle cuvée (après réfection complète de la jupe). Mimi hésite, il faut dire qu’elles sont revenues se délecter du spectacle de nos deux corps bronzés nus. Aussi, prudemment, elle se rempli un seau d’eau de mer. On se savonne tous deux dans la jupe. On l’étrenne. First in 2009.  Nouvelle plate-forme faite par l’ami Hamadi. Que c’est bon ! On se savonne mutuellement, etc. (j’arrêterais là les descriptions grivoises.). Mais, pas question de se jeter à l’eau pour se rincer. Habituellement c’est ce qu’on fait afin d’économiser l’eau. (On se finit ensuite à la douche) Mais là, on utilise totalement la douche. On est maintenant beaucoup mieux.

Le mouillage est rouleur, on se réhabitue à ces mouvements du bateau, parfois intempestifs. Aussi on ne fait pas de vieux os.  Après miam-miam, dodo.  

De 22 h a 5 h du mat d’une seule traite, un record pour moi. Je me réveille en pleine forme Bon ! J’examine le problème, le moteur est froid c’est plus facile. Le flexible est donc percé, je remets de l’huile dans l’inverseur, et fait un pansement sur le tuyau pour éviter que l’huile coule partout. Ça marche !!! On rentre doucement dans le port, ou on construit une nouvelle marina à un rythme d’escargot. Prise sur un corps-mort, au milieu du port Nous sommes le seul voilier de passage En stand-by, dans l’attente de notre réparation. Et miracle  on capte le net en wifi. On est peinard, maintenant démontons le fameux  flexible.

 Nous descendons à terre, et accostons dans un chantier naval. Je me renseigne, ils me renvoient vers un gars qui est absent. Prudent, je vais me renseigner au Shipchandler local, juste en face. Après mes explications laborieuses, il me reconnait, il y a deux ans je m’étais arrêté chez lui et lui avait laissé une note conséquente. Il me propose de m’emmener avec sa voiture, demain matin chez un artisan a l’extérieur de la ville susceptible de me refaire le flexible !!! Elle n’est pas belle la vie ! La navigation comporte des rencontres que l’on n’à nulle part ailleurs. Les rapports humains sont différents. Ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre. Les gens se mettent en quatre pour toi, oiseau de passage, alors que pour leurs voisins depuis quarante ans, ils ne lèveraient pas le pouce.

Il faut attendre jusqu’à demain. 8.30 h. Tapante, nous sommes chez le gars. Il me conduit avec sa voiture chez artisan spécialisé dans le matériel de travaux public situé hors de la ville.           10 mn plus tard j’ai mon flexible tout neuf. Le remontage est aisé, mais mal placé. C’est long. De plus j’en profite pour changer des durits de fuel du moteur qui me donnaient du souci, et faisait des prise d’air.

 Une heure plus tard kéké est sur le pont et nous partons vers notre but

Odyssée.

Aller à Corfou c’est vraiment L’0dyssée, d’où le titre de ce chapitre.

1)      Car Ulysse notre célèbre copain navigateur y a fait un séjour a la fin de son court périple méditerranéen, (d’après Homère, tu sais, l’Alain Decaux de l’époque) les navigateurs Phéaciens (Nom des anciens habitants de Corfou) ramenèrent notre pote à Ithaque (Ou était sa maison) retrouver sa mémère qui l’attendait sagement dans son salon en tricotant un grand pull pour l’hiver. (Ne croit pas, que je suis un puits de sciences antiques,  un érudit en grecquerie, un spécialiste en mythologie (les mites je les préfère dehors, pas au logis). Ne pense pas que je veux t’écraser avec ma culture hellénique, c’est notre vieux copain Rod Heikell (Imray) qui m’a soufflé ces renseignements, (A ne pas confondre avec Helmut Heinkel, célèbre avionneur Teuton)

2)      Car il y a 500 nm entre Monastir et Corfou (Marseille > Lille). 500 Milles en Méditerranée ça n’a rien à voir avec idem en Atlantique ou dans l’Océan Indien. (pas des Navajos). 

 

Je narre notre appareillage :

15 h le départ très rock n’roll. Le vent souffle à 25 n dans le nez et nous plaque sur le quai. Je décide de me dégager en arrière, le pompiste nous aide bien. Nous avons fait 600 l de fuel. Les autorités ont été très cool…

Le bateau s’écarte très vite sous l’impulsion du moteur, mais après, impossible de repartir en avant, Khéops, sous l’effet du vent, s’est mis complètement en travers. Aussi je fais un grand demi-tour dans le port, moteur a fond afin de compenser vent et courant. La sortie, aussi, me ralentie très fort dans la passe on n’avance plus !!! Obligé d’accélérer fortement le moteur. Sinon nous repartons en arrière. Surprenant non ! Nous montons nous abrités derrière la marina, devant l’hôtel pour mettre le bateau en ordre, ranger les bouts et les parbats… Là c’est enfin calme.

Le cap que l’on peut faire, 360 ? Sinon, on est shakerisé. Pendant près d’1 H, nous allons vers Sousse, puis doucement 10° après 10°, nous infléchissons vers l’est. Je fais ça afin de m’éloigner au max du thermiques qui double la puissance du vent et des vagues.

Au départ le cap c’est Hammamet, puis Kelibia, et enfin vers Pantelleria ou l’on ne veut pas aller. Mais faute de mieux. Nous marchons d’abord au travers, puis le reste au près. Je garde le moteur pour nous appuyer, sinon la dérive est trop forte.  Finalement à la nuit tombée ça se calme. Mais la brise nous oblige toujours à marcher au près serré.  Ce SE n’est parfait que pour monter au Cap Bon. Pantelleria, c’est limite et au près

A 3 h du mat on longe Pante à quelques milles. Au matin du  mardi, calme plat, petite brise dans le nez qui s’attenue. L’après midi la mer est miroir. Plus de vent. J’avais décidé vu le temps de faire route sur Licata, qui est à 170 nm de Monastir (Nous on a du faire au moins  180 m vu les options choisies. C’est un port au milieu du sud-Sicile. (A 60 m de la pointe SE). Car aller direct à Syracuse est une gageure vu le temps qu’on a perdu au départ. De toute façon le peu de brise est plein est. Je ne désire pas passer une nuit en longeant ces côtes infestées de pêcheurs, filets, cargos et autres O.F.N.I.s

 

Tu vois la navigation dans la Mare-nostrum n’a rien d’une sinécure. Des climats différents, des vents violent qui virent dans tous les sens (quand il y en a), une mer très hachée et très dure. En été, des longues périodes de calme plat. Tout ça fait une navigation bien compliqué ma bonne dame ! Je ne parle pas des cargos qui circulent en grand nombre sur cette route entre Gibraltar et Suez. Je ne parle pas non plus des chalutiers et autres pécheurs qui raclent tous les fonds des plateaux continentaux sans se préoccuper des dégâts causés à la mer, et des autres bateaux  qui croisent leurs chemins. Ils constituent tout un tas de dangers dont il faut se méfier.

Bien sur j’aurais pus avoir la folle idée de faire cette route en direct. 500 M, ce n’est rien sur la grandeur des océans. Mais outre toutes mes explications précédentes, il y a un fait très important dont il faut tenir compte. Je suis un gros paresseux !!! Et passer plusieurs nuits en mer avec une vigilance de tous les instants, non merci très peut pour moi. Mimi et bibi sommes un équipage restreint, et nous avons passé l’âge de nous épuiser à la tâche à guetter l’horizon. 

 

Calabre.

Depuis Porto Polo, nous avons fait tiré direct sur le sud de la Calabre. 90 nm, c’est long, sans un brin d’air pour soulager notre moteur. Heureusement que j’ai pris  200 L de carburant en plus dans des bidons. Ils feront pour le convoyage. Encore une arrivée à 22 h comme à Porto Polo, dans le noir complet. On s’approche de la côte avec prudence, Mimi projecteur à la main est à l’étrave, prête à mouiller l’ancre. J’ai choisi cet endroit, car je crois me rappeler qu’il y a une belle plage pour nous accueillir, mais rien n’est sur. Je n’ai pas de carte précise de cette côte. Et la carte électronique du PC n’est pas assez explicite. Heureusement que j’ai installé un traceur qui me permet de visualiser exactement le lieu d’atterrissage. (Hé oui, en bateau aussi on atterri)  Une demi-heure plus tôt un cargo nous a obligés à changer de route, et même de stopper. Ils passent très près de la côte à cet endroit. C’est la route du  détroit de Messine.  Mimi est inquiète, et se pose tout un tas de questions, et si ? Ce n’est pas une plage ? Il y a des rochers ? Etc. Moi je suis confiant, on fait route vers une petite ville. Je vise les lumières les plus vives sur la rive à 2 milles devant. Je pense qu’ainsi, nous allons aborder sur une petite station touristique. Donc avec une belle plage. Mais en attendant, nous sommes dans l’expectative. Quand les fonds commencent à remonter, je ralenti. Je demande à Mimi de chercher avec le projo s’il n’y a pas des bateaux mouillés. Je scrute la ville avec mes jumelles, distingue bien les voitures, les contours de la plage, et repère des ombres qui sont des bateaux sur corps-morts.

6 mètres au sondeur, on mouille ! Une fois le moteur stoppé, on entend nettement les bruits de la ville, et les musiques des établissements voisins. Ouf enfin on est stoppé. On n’a plus ce ronronnement dans les oreilles.  Mon premier souhait, piquer une tête dans cette eau noire a 25°. Afin de se débarrasser de la grosse chaleur que l’on à subit aujourd’hui.  Des pécheurs en Zodiac nous passe à côté on les entend parler très loin. Je sais, je me répète, mais qu’est ce que ça fait du bien ce petit bain nocturne…

Au matin, nous sommes mouillés devant la plage du Lavandou ! Une grande et belle plage, déserte à cette heure. Une dernière tête dans l’eau est on y va. Cap sur Roccella Ionica a        30 nm. Pourquoi cette escale ? Un violent coup de vent du N est annoncé dans la soirée. Et je ne tiens pas à le prendre au large. A 12.30 h ? La mer se met à moutonner, bizarre, il n’y a pas de vent ! Et là 40 n de NW nous tombe sur le râble. Il vient de terre.  Il nous reste 20 m à faire. On va rigoler. Il a quelques heurs d’avance ce vent malin. Et il souffle, 25 n, rafale à 40 ! La progression est délicate. Je vais à la côte afin d’éviter les gros coups de mer. A 17 h enfin nous rentrons à R.I. Il y a une drague dans la passe. Ils s, ont en train de désensabler l’entrée du port. Que faire, à droite ? A gauche ? Je choisi la droite, tout faux c’était à gauche. Bon, la dérive racle un peu le fond. Rien de méchant. La mise à quai par 25 n de vent qui nous pousse vers le quai est délicate. C’est fait, les ficelles sur les bollards. Les parbats écrasés par le vent, mais on y est !!! Devant nous un catamaran français est amarré.

 ZRI

                                                                 Roccella Ionica

J’ai déjà plusieurs fois parlé de ce port à moitié fini dans des précédentes gazettes. Donc je ne m’y étendrais pas. Je t’avais aussi fait découvrir l’immense pizzeria à ciel ouvert située dans le port. Spécialité : La pizza au mètre ! Sur les grandes tables les serveuses arrivent avec  des planches étroites de 3 m de long, dessus une pizza qui l’occupe sur toute la longueur. Malgré notre grosse fatigue, on y fait notre escale traditionnelle. On c’est  régalé de notre repas et en partant nous avons pu dénombrer qu’il y avait au moins 400 personnes qui dinaient là sur le port. Une organisation sans faille. Malgré le populo, la commande passée, on nous sert dans les quelques minutes qui suivent par une myriade de magnifiques minettes en minizups ras le bonbon. Le boss à tout compris !!!

L’aube est en train de poindre lorsque nous sortons du port. Dernière étape : Corfou. Longue étape de 200 nautiques en grande partie au large du golfe de Tarente. (Entre le talon et la semelle. C’est un immense golfe de 60 M de long et autant de profondeur). On a tout eut. Du portant, du près, du près, du près… Une mer hachée, et croisée. Sur le bateau on était secoué comme les glaçons dans un shaker.  Trempés par des vagues traitresses. Moi qui est horreur du près, je suis servi. 150 Nautiques de près serré sur une mer impossible. Ho ! Le vent n’est pas violent, 20 n, rafales à 30. Mais c’est la mer. Dans tous les sens. On est mort, courbatu, épuisé… Tu vas me dire que personne ne nous a obligés à être là !

3 coqs se répondent tout près sur la rive. Il est 4.30 h, c’est très bucolique, cela fait longtemps qu’on à pas entendu le coq chanter à l’aube. C’est les premiers coqs Grecs ils chantent dans le monde entier dans la même langue eux. Etre réveillé par le chant du coq, quel pied ! C’est mieux que par les éboueurs ! N’est ce pas ! Mais ce n’est pas encore l’heure. Nous avons du sommeil à rattraper. Que la nuit est calme ! On se retourne de l’autre côté et on se rendort. Longue nuit, après cette croisière agitée.

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                                                             Pedriti

 

 

Par KHEOPS - Publié dans : kheops
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 15:54

 

Porto Polo au Sud Est de la Sicile, on est toujours en territoires connus, les bonnes escales sont  renouvelées. Nous sommes en panne de pain! Allons à terre, dans le port de pêche. Le premier magasin d'alimentation est à 2 Km de là au village. Nous sollicitons un Sicilien sympa qui nous mène volontiers au supermercato "Sisa" du village. Nos emplettes à la main on s'arrête pour le traditionnel café. On passe devant l'église, bondée en ce dimanche, les ouailles chantent en chœur de très beaux cantiques. Ces mélodies nous suivent au long du chemin du retour, mais là aucun pèlerin ne stoppe avec son carrosse. On se tape le chemin à pied avec nos provisions. Heureusement Mi, n'à plus mal, miraculeusement à son genou!!!

 

Miraculeusement aussi Kéké c'est mis dans de meilleures dispositions, le moteur tourne comme une horloge Suisse. En route pour la dernière étape, Syracuse est à 25 milles, et avec ce beau temps c'est une belle promenade.

 

Le soleil nous écrase, dans la lagune de Syracuse, il fait une chaleur énorme, pas un brin d'air à cette heure de la matinée. J'espère que le thermique va enfin se lever sous peu. Mi et moi transpirons à grosse gouttes chaque fois qu'on s'active.

 

De très nombreux voiliers reposent, au mouillage autour de nous, la saison bat son plein. Cette lagune est un mouillage réputé, car très sur. Nous sommes quasiment dans un lac de forme ovale. L'île d'Ortigia ferme complètement l'accès à la mer laissant seulement une passe de 500 m pour accéder au  large. Le bassin fait environ 2 milles sur 1.  Nous sommes sur 7 m de fond de vase. 40 m de chaîne. Le vent  peut souffler.

 

En face de nous, la vieille ville de Syracuse Ortigia, avec en son sommet, sa cathédrale qui domine toute les maisons blotties sous elles. Le grand quai rectiligne, avec sa magnifique rangée de  Ficus Binjaminas immenses taillés en brosse, (chez nous ils sont dans des pots)

Avec quelques bateaux amarrés cul à quai.

 

Nous avons retrouvé quelques copains de Monastir, qui sont la à lézarder au soleil. Malgré que l'eau de la lagune ne soit  pas des plus claire on s'y rafraîchi volontiers. 26° c'est nettement  moins que les 40 extérieurs.

 

Nous partons a terre avec Kéké, tout doucement, nous nous rendons vers un chantier qui est au bord de la lagune, dans l'estuaire d'une petite rivière. C'est un grand parc à bateaux, ou sont alignés des dizaines de petits bateaux avec des moteurs HB. J'ai besoin d'un mécano. Il nous faut une nouvelle hélice, celle de Kéké a encore rendu l'âme. Elles sont d'une fragilité énervante, depuis que nous avons ce moteur, j'en suis à la troisième. Une par an!!! Il lui faut aussi régler le mélange de richesse du carburateur, qui me pause toujours problème, depuis Monastir.

 

Quand j'ai fait la révision de ce moteur au mois d'avril, j'y ai mis de l'essence que m'a donnée un ami, car il n'en avait plus l'usage. J'ai fait quelques tours avec Kéké, tout allait bien, il marchait parfaitement. Puis beaucoup d'occupations nous ont empêchés d'utiliser Kéké régulièrement. Cette essence c'est évaporé dans le carburateur. Ce qui normalement n'est pas un problème, car c'est du super sans plomb. (C'est un 4 temps, donc pas besoin d'huile, j'ai privilégié ce type de moteur par écologie)

 

Un bon mois plus tard j'ai voulu m'en servir pour aller chercher 2 jerricans de fioul à la pompe (c'est moins fatiguant qu'à pied). Impossible de démarrer, pourtant, c'est habituellement un moteur qui pête facilement. Le lendemain, nous avons remonté Kéké sur le pont de Kheops. Et j'ai démonté totalement le carburateur. Dans la cuve, j'y ai trouvé un gros dépôt cristallisé qui bouchait les gicleurs. J'ai tout bien nettoyé, remonté, mais je n'ai pas retrouvé les réglages… Depuis il joue l'Arlésienne!!! Malgré un mécano local qui dit me l'avoir réglé!

Voilà pourquoi Kéké est muet!!!

 

C'est ce qui a causé la casse de l'hélice, obligé de faire tourner le moteur a fond, au point mort, et d'embrayer dans la foulée… l'hélice n'a pas aimé!!! Elle est quand même très fragile !!!

 

Donc au mécano spécialisé. L'hélice, dans 3 jours elle arrive de Belgique!!! Il n'y en a pas en Italie!!!

 

Nous sommes très handicapés, avec cette annexe boiteuse. Kéké arrive malgré tout à nous trimbaler, mais à l'allure d'un limaçon… Des qu'on accélère un peu, le moteur s'emballe. Nous amenons donc Kheops, au plus près de notre point de débarquement. Puis nous mouillons l'ancre, et descendons à terre. Doucement, tout doucement. Vivement jeudi.

 

Il faut qu'on avance, il faut que l'on soit prêt mercredi prochain. Nous menons tous les draps à la laverie. Nous prenons la grosse machine de 10 kg car on en a un gros paquet.

 

En plus "Gégène" notre groupe électrogène fait aussi des siennes. Je ne raconte pas tout, car nous rentrons dans des explications techniques. Comme il ne recharge pas sa batterie, et qu'elle c'est totalement vidée, il a fallut que j'en rachète une autre afin de pouvoir le démarrer.

(J'ai même acquis un petit chargeur de batteries afin de recharger pendant que le groupe tourne).Je passe sur les durits percés, qu'il m'a fallut changer, a genou, coincé par la barre. L'électrovanne, qui ouvre ou ferme l'arrivé du fioul se met en rideau!!! Et cerise sur le bouquet, la batterie neuve nous a lâchée.  Heureusement, tout le temps de la croisière, il a fonctionné normalement.

 

Les poissons sauteurs: Depuis que nous sommes mouillés dans la lagune, nous bénéficions d'un temps particulièrement chaud et stable. Dans la journée un petit thermique de 10 15 n, qui nous rend la chaleur acceptable, surtout à l'intérieur, ou nous faisons un courant d'air forcé, grâce à notre "Windscope" (Sorte de petit spi, que l'on pend au dessus d'un capot, et rentre à l'intérieur, et nous capte la brise, nous faisant une ventilation forcée.)

 

Les soirées sont très paisibles, après dîner, nous restons, profitant de la fraîcheur relative.  Nous sommes sus comme des vers, le moindre vêtement tien trop chaud. Au loin les bruit de la ville, quelques accord de guitare électrique façon "Santana" venant d'un établissement voisin. Le cri d'un "Paon" mâle qui cherche sa belle en l'appellant  "Raaoouuul! Raaoouul" et puis il y a les poissons sauteurs!!! C'est le seul site ou l'on voit ça, a longueur de temps, des dizaines de poissons d'une taille respectables, (Certains font 50 cm) s'amusent, je dit bien s'amusent, car il n'y à pas d'autre explication. Donc s'amusent à faire de bonds hors de l'eau, de plusieurs mètres, et retombent à plat, dans des grands splachs. Tout autour des bateaux, ça saute sans arrêt, certains se prennent pour des galets de ricochets, et font plusieurs sauts à la suite…splach, splach, splach!!!! C'est surprenant, et amusant.

 

On observe ces monstres, raides comme des piquets, qui font leurs bonds, sans doute en rigolant, "Na, na, na!!! Tu ne m'auras pas!!". Nous avec Mimi, on se dit: "Jamais il y en a un qui retombe dans la jupe qu'on prépare la poèle…" Cette lagune est  très poissonneuse. Quand nous allons au chantier naval, avec Kéké, pour cette sacrée hélice. Nous passons a des endroits ou il y à très peu de fond, et nous faisons partir des bancs entiers de poissons sous notre étrave. Il y en des centaines!

 

Finalement l'hélice n'arrive que le vendredi soir. 5 jours qu'on attend. 5 jours qu'on est bloqué.

Puis la nouvelle de Tony le mécano, il démonte tout le carburateur, il fait nettoyer le réservoir, notre essence est polluée. Et, une  bonne nouvelle n'étant jamais seule il m'apprend que le carburateur à une piece très importante (Le pointeau) qui est abîmée par cette essence, et qu'il faut le changer. Mais vu le temps qu'a mis l'hélice à arriver!!! Donc il faut que je continu à m'escrimer sur la ficelle, car il l'a réglé au mieux, et le carburant n'est pas régulé. Donc le moteur se noie.

 

Le meeting Aérien: 17 h, Tony est en train de s'occuper du Suzuki, vers K. nous entendons une sirène. Mireille d'informe qu'une vedette de la garde costière est près de nous. Le matin on nous a informé qu'un meeting aérien devait avoir lieu demain Samedi. Les "Frecci  Tricolori" viennent faire une exhibition au dessus de la lagune, et que tous les bateaux devaient dégager, laissant un rectangle bien précis, entre 4 points GPS, a l'intérieur duquel, nous ne devions  en aucun cas nous trouver. Mais c'est pour demain.

 

Je n'ai pas bien dû lire tout le papier, (en italien) que l'on nous a distribué, car tous les bateaux mouillés dans le bassin, se cassent. Et nous nous sommes là, au milieu, sans pouvoir aller à bord, le moteur de Kéké étant en Kit. Les gardes côtes klacksonnant comme des perdus pour nous réveiller… Ils doivent penser que nous faisons une longue sieste crapuleuse, et qu'on ne les entend pas…Tu parles!!!

 

J'active Tony pour que nous puissions  aller fissas dégager Kheops et le sortir de la zone interdite. Là, un grand déchirement envahie le ciel, ce sont les jets qui arrivent comme à la parade, font deux ou trois passages, dans des vrombissements assourdissants, puis s'en vont. Repérage des lieux sans doute. Le moteur est enfin remonté sur Kéké, je paye Tony pour ses bienfaits, tire sur la ficelle et nous fonçons vers l'embouchure de la rivière, au milieu des badauds.

 

On n'a pas fait 20 m, le moteur s'étouffe… Mi prend la pagaie pendant que mois je m'active sur la ficelle. Il  ne veut rien savoir le bougre!!! Retire le capot, démonte la bougie. Au loin les gardes cote nous attendent toujours sur leur Zodiac, tournant autour de kheops. Nettoie la bougie avec un Kleenex, je me brume les doigts, elle est brûlante. Me tombe des mains. Ouf pas à l'eau. Tu as compris que l'on fait tout ça sur un Kéké remuant.

 

Je remonte la bougie vite fait, tire de nouveau le lanceur… Et ça repart! Les gardes nous voient arriver, viennent vers nous. Ils nous stoppent. Après quelques explications, ils nous demandent de retourner à terre jusqu'à 20 h (Il est 18.30)!!! C'est dangereux de rester à bord. Bien sur on s'exécute.

 

Comme par miracle le bruit cesse, les jets disparaissent, le silence s'installe de nouveau. Nous voyons des bateaux passer au milieu du lagon. Kekon  fait? Nous attendons 19 h et en catimini, nous retournons à bord. Le moteur étant plus compréhensif. Fin du premier épisode.

 

Au matin vite un saut à terre, avant le déménagement. En ville c'est la grande effervescence, on place des barrières partout, les bateaux sont priés de quitter le grand quai. On démonte même certains lampadaires qui risqueraient de gêner les pilotes!!! Nous bouclons nos affaires, retournons vite à bord, pour sortir de la Zone interdite.

 

Toutes les vedettes des gardes côtes sont en alertes, elles tournent dans le bassin comme des abeilles autour de leurs ruches. Nous allons nous mouiller complètement au fond tout près du parc à moules. Il n'y à que 2 m de fond, mais pour nous ça suffit. D'ailleurs, nous ne sommes pas seuls 8 voiliers ont eut la même idée que nous. Les autres sont près de la sortie de la baie, sous le phare

 

Il est près de midi, une idée de Génie nous vient subitement, par hasard!!! Et si on allait s'acheter 4 moules chez le mytiliculteur voisin!!! (Ce n'est pas un gros mot! C'est ainsi qu'on appelle celui qui s'occupe des moules!!!). Kéké bondit, nous achetons 2 Kg de Cozzi chez le mouliste. Ils ont une belle installation, tout un tas de machines pour nettoyer leurs produits. En effet en plus des moules, il font des praires,  des palourdes, les fameuses "vongola" les fameuses  pastes à la vongola, c'est très réputés ici!!! Ils font même des huîtres, des grosses huîtres, très chères, ce n'est pas courant ici, les italiens ne connaissent pas trop.

 

Sitôt revenu à bord, nous trions, et nettoyons les plus grosses, un bon nombre. Puis avec un bon petit coup de blanc local, nous les dégustons crues, pendant que je fais ouvrir celles qui restent, pour se les faire "à la marinière". Voilà un bon programme de fête. Ça nous remet de tous nos déboires mécaniques.

 

Et ce "Métinge"!!!   Jamais tu racontes!!!

 

Pas un brin d'air, la chaleur est à son comble questo "pomeriggio" (Après midi). Le windscope dans le capot du carré, à du mal à capter le peu d'air qui circule. Dans le cockpit, c'est étouffant, le bimini bleu marine le transforme en four. Finalement c'est à l'intérieur qu'on est le mieux. La sieste bat son plein. Notre moules party, arrosée de blanc et rosé doit y être pour quelque chose!!! Il ne fait pas frais, mais c'est supportable.

 

16.30. Un gros avion de transport de la marine fait plusieurs passages en rase-mottes. Début des hostilités? On s'installe au pied du mat, à l'ombre, et on attend… Comme nous sommes très loin de la ville, tout ce qui se passe vers le port nous est caché. De temps à autre un avion à hélice fait des voltiges au dessus de la ville, on voit ça de très loin et tout petit.

 

17.30. Toujours rien. Des broutilles… Un peut avant 18.00. Les "Frecci Tricolori" surgissent dans un vrombissement assourdissant, venant du large. Les 3 couleurs italiennes dans leur sillage.  Les 10  jets nous font une démonstration époustouflante. 9 d'un côté, faisant des figures groupés, et un soliste qui bouche les trous dus au regroupement des 9 autres. Il fait des figures au raz de la ville, passe sur le dos, fait des vrilles au ras des flots, toujours avec son panache de fumé. Dès qu'il disparaît dans les nuages, les 9 autres arrivent. Ensemble, ou en 2 groupes.  Tout ce passe près de la ville, devant Ortigia.

 

Nous sommes quand même aux premières loges. Nous comprenons, pourquoi, il fallait dégager le bassin. Parfois ils rasent les flots à peine à quelques mètres.

 

Par 2 fois ils passent si prêt du mat que j'en tremble.  Les avions brillent sous le soleil brûlant. Ils sont bleus, striés  des 3 couleurs italiennes, c'est du plus bel effet. Leur show dure une ½ heure… 3 petits tours et puis s'en vont dans un grand nuage tricolore…

 

Voilà c'est fini! Le silence est retombé sur le lagon, nous restons silencieux. On est tout émoustillé. Je ne sais pas comment ça ce passe avec la "Patrouille de France" mais là, sur ce bassin, c'est très impressionnant.

 

J-2.  Nous sommes cul à quai, devant les grands "ficus binjaminas" Nous n'avions plus d'eau, il nous faut faire les vivres, laver le bateau, peaufiner les détails. Jean Jacques et sa compagne arrive dans 2 Jours.

 

Je suis très content de la longue marche arrière que j'ai pu effectuer, toujours très délicat. Reculer de loin entre 2 bateaux, mouiller l'ancre par 8 m de fond avec 70 m de chaînes ce n'est pas évident. Mimi à l'avant fait filer la chaîne à la bonne vitesse, afin de maintenir l'étrave dans l'axe.  Après, faire passer la première amarre dans l'anneau du quai. Bien sur, juste a ce moment là, personne n'est là pour nous les prendre. Mais tout c'est bien passé, sans précipitation, sans heurt. Un avantage, il y avait que très peu de vent.

 

Sitôt amarré, Mireille en profite, pour faire un autre raid à la laverie. Elle part à pied, tirant le caddie chargé à bloc. La laverie est à 500 m environ. Avec cette chaleur, ce n'est pas une sinécure. J'attends l'électricien qui doit arriver "addesso" (maintenant)

 

Maurizio, l'électricien qui était venu à bord l'an passé pour le démarreur du Perkins, est à bord. Cette fois ci c'est pour "Gégéne.". Il décharge à fond sa batterie au lieu de la charger. Et pour moi c'est un grand mystère. Donc j'ai recours à un spécialiste, un vrai, pour avoir ses lumières. Il vient en 2 fois. Le matin il a observé, embarqué une des 2 batteries, et revient

à 18 h.

 

Nous avons invités nos voisins de quai à l'apéro,  "Denem" Danièle et Emile,  des copains  de Monastir,  des copains de barbecue, car ils sont sur une autre panne. Ils arrivent de Grèce, et retournent déjà au pays. Ça nous donne l'occasion de resserrer nos relations.

 

Mais il faut qu'ils attendent un peu, que Maurizio ait fini. Il ausculte le boîtier électronique, comme un médecin un malade. Démonte tout, vérifie toute les connections, mesure, sonde…

Ça dure une heure. Euréka!!!  2 fils, un pour une sonde, l'autre pour la fameuse électrovanne sont en court-circuit. Et voilà Monsieur "Pourquoi votre fille est muette" Bon bois un bon pastaga, Maurizio tu l'as bien mérité. Je changerais les câbles électrique "domani"

 

Il est 20 h, passons à l'apéro avec nos voisins. Il fait très soif, la journée à été particulièrement caniculaire, surtout à quai, il n'y à pas d'air. Au mouillage, on bénéficie toujours d'un peu de brise, mais là, avec les immeubles derrière!!! Le windscope, (Manche à air envoyant de l’air forcé dans le bateau) reste flanelle! Heureusement, que  nous avons le 220 v, et le ventilateur. La température intérieure dépasse 40° ça devient intenable. La sieste se fait dans notre cabine, plus aérée.  Nous buvons des litres d'eau qui n'arrivent pas à étancher notre soif.

 

Aussi, à  l'heure de l'apéro, le soleil, est très bas sur notre étrave, et, dans le cockpit on bénéficie enfin d'une fraîcheur relative! Toute relative.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par KHEOPS - Publié dans : kheops
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