Balade Tunisienne 2

Publié le par KHEOPS

 

 

 

Mahdia…

 

Un nouveau coup de mauvais temps venant du Sud, l'Anticyclone des Acores fait encore des siennes. Il c'est positionné beaucoup plus Nord que normalement, et protège l'Europe, et bien sur l'Hexagone, des nombreuses dépressions qui arrivent de l'Atlantique. Et ces fameuses dépressions sont dirigées vers le Sud. Elles nous arrivent toutes dessus. (En général en cette saison, il est positionné plus au Sud et les D, passent sur l'Europe). Vent violent de SE, Vents de sable. Pluie abondante (Inondations en Algérie, et vers Tunis). La mer rentre fort dans le port (ouvert au sud). On remue beaucoup.

 

Donc vu le temps, avec Mi, nous décidons d'aller faire un tour avec le break. Direction le Sud et El Jem via  Mahdia.

 

El Jem, j'en ai déjà parlé, cette ville située à 80 Km de Monastir, sur la route de Sfax. Le seul intérêt de cette ville de 10 000 h, mais il est de taille, c'est son immense amphithéâtre Romain. C'est les plus grandes arènes d'Afrique, et le 3 e par la taille, du monde Romain.

 

Ce monument est d'autant plus remarquable, qu'il est planté au milieu d'une vaste plaine plantée d'oliviers, on le distingue à des kilomètres. Il est magnifique, battit en pierres ocre. Il serait encore  intact, si les anciens habitants d'El Jem ne s'étaient pas servis de ses pierres pour bâtir leurs maisons. Du temps de la Thysdrus Romaine, ce Colysée pouvait contenir 30 000 spectateurs. La ville très riche devait compter 50 000 h, c'était le réservoir d'huile de la Rome antique.

 

Maintenant c'est devenu un piège à touristes, une sorte de Lourdes perdu dans le désert. Avec Mi, nous avions déjà visité ce monument. Nous avons donc prévu de le visiter de nouveau. C'est le but de la balade. Mais à force d'être agressé par les "marchands du temple" on y a renoncé, nous avons repris la route vers notre havre. Nous ne pouvons pas faire dix mètres sans qu'on essaie de nous vendre, soit un keffieh, soit des babouches, ou des photos avec le chameau etc. Impossible de contempler tranquillement  ces murs séculaires. Pourtant nous avons l'habitude des souks ou on nous arrête pour nous vendre des pacotilles, mais ça n'a jamais atteint cette intensité.

 

Nous partons tranquille dans notre carrosse avec ce temps bouché, et ce vent fou. Nous traversons divers bourgs que l'on découvre. On est là pour ça!

 

Mahdia, aussi nous connaissons bien, nous y avons fait 2 fois escale avec Kheops. C'est une grande ville de près de 200 000 h. à 50 Kms de chez nous. C'est l'ex  port d'El Jem, à peine à une vingtaine de Kms de cette ex-capitale Romaine. Mais nous ne connaissons que les alentours du port, étant à pied, on ne pouvait guère aller bien loin.

 

Grâce à notre visite en  voiture, nous avons fait des découvertes. Nous arrivons par la corniche, les palmiers se courbent sous l'effet du vent, le sable fin de la plage vole sur la route. Très peut de monde ose se promener, le sable single. Je  roule tout doucement, on n'y voit pas grand-chose. La route se resserre, nous sommes entre les maisons et la mer. Il y a juste la place de passer avec notre grosse voiture. Nous arrivons au bout du Cap Afrique. On se pose la question, cette rue abouti t'elle?

 

En dessous, des barques de pêches attendent sagement au bout de leurs longues laisses. La mer est calme à cet endroit, abritée par le cap. C'est de plus en plus étroit.

 

Au bout du cap, dominé par le phare le plus a l'Est de la Tunisie, nous découvrons des ruines phéniciennes. Ces ruines nous les avions déjà remarquées,  en entrant dans le port avec kheops. Une vieille arche domine les rochers du cap. nous avons  pus garer la voiture, on peut contempler les ruines en premier plan de cette mer agitée.

 

Les rouleaux viennent se briser sur le granit! Impressionnant! On découvre des centaines de tombes, éparpillées sur cette lande qui descend en pente douce vers la mer. Il y en a partout. Un cimetière marin qui aurais beaucoup plus à Brassens, il aurait peut être désiré écrire une "Supplique pour être enterré sur le Cap Afrique". Ce cimetière aurait aussi certainement emballé Paul Valery. Le spectacle est magnifique.

 

Après avoir tourné la pointe, le paysage vers le Sud est grandiose, c'est la pointe du Raz!!!

Et là, caché par le cimetière, on découvre un petit port entièrement taillé dans la roche. C'est incroyable. Les phéniciens ont taillés dans le granit un port très bien abrité, avec une passe de quelques mètres. Les pêcheurs, s'en sont accaparés, une vingtaine de barques reposent paisibles dans cet abri, alors que dehors il y a des creux de 3 m qui viennent se fracasser, sur la passe. Rageurs!

 

Nous allons voir de plus près ce port qui nous attire. Nous descendons dans une allée dallée au milieu du cimetière. Cet abri est splendide, on dirait que la roche a été taillée avec un gigantesque couteau. Des vieilles barques sont posés à terres en haut d'un petit plan incliné. Les filets sagement disposés attendent de meilleurs jours. On se laisse aller à jouer les touristes, nous mitraillons ce site.

 

Une imposante forteresse bâtie par les Ottomans sur le Cap Afrique nous domine de ses hauts remparts. Nous décidons de gagner  le reste de la ville. M… la route est bouchée, en travaux. Des panneaux, nous informent qu'on ne peut pas passer. Ces travaux doivent être endémiques, la route doit être coupée depuis des années!!! Des murs en moellons ont même été érigés  pour empêcher tout passage, même à pied. En fait la corniche c'est effondrée. Combien d'année encore avant qu'on puisse circuler? Nous cherchons un autre passage afin d'éviter de repasser par où nous sommes venus. Une ruelle étroite s'ouvre à nous! On essaie? C'est quand même très resserré? Et si ça bloque?

 

Tant pis on y va! Tout doucement, Zig, Zag ! Dans cette enfilade de ruelles étroites. Mais ça passe, de temps à autre des escaliers d'accès dépassent du perron des maisons. Des tas de sable et de gravas, de travaux en cours. Ils empiètent sur la rue, la retrécissant encore…

 

Enfin on abouti sur une grande place. Là nous connaissons. En face nous, l'imposante porte de l'ancienne citée, il nous faut virer à 90° et nous passons devant la grande mosquée et ses hauts murs, élevée vers l'an 1000 par "El Mahdi" le saint homme qui donna son nom à la ville. On retrouve le marché et le port de pêche.

 

Un tour à pied dans ce port de pêche, le mat d'un voilier se dresse au loin, là où nous étions l'an dernier. C'est un des plus important port de pêche tunisien. A cause du mauvais temps, des dizaines de chalutiers sont amarrés sur plusieurs rangs.

 

Fin du pèlerinage, go to El Jem.!!!

 

Pourtant, il y a une quinzaine la Mercedes nous avait posé un petit problème. Lors de 2 virées dans les environs. La courroie de l'alternateur a cassée 2 fois à une semaine d'intervalle!!!

Elle entraîne aussi la pompe à eau. C'est gênant!!!  Plus de refroidissement! Apparemment, l'alternateur c'est décalé par rapport aux poulies du moteur. Suite à des réparations de fortune dans des garages de villages (narré le mois dernier). Il a fallut prendre le taureau par les cornes, ça ne peut plus durer.

 

J'ai donc mené la voiture à un vrai mécano de Monastir, un garage aussi propre qu'en France, recommandé par un copain qui l'avait expérimenté plusieurs fois. Le gars a réglé le problème en modifiant le support. Par la même occasion, je lui ai fait faire quelques bricoles supplémentaires. Et depuis (Inch Allah) nous n'avons plus de nouvelles de la courroie!!!

 

Ha Oui!!!    Nous avons franchi le pas! Nous avons enfin acheté une machine à laver. Ho! Pas une machine sophistiquée, un truc automatique ou il n'y qu'à toucher un bouton et laisser faire. Pas une machine, ou le fait de la regarder, se remplie d'eau, la chauffe, lave, rince, essore, se vide, sèche, et même coud les linges abîmés etc. (Nous n'avons pas la place à bord)

 

Nous avons acquis une  machine locale, toute en polyester, légère, très simple, sans chauffage et sans essorage. (90 Dt = 60 €.)  Il y en avait grand besoin.  Le problème nous minait à chaque lavage,  Mi, y allait en reculant. Elle n'en pouvait plus d'aller à la laverie, porter des Kg de linges sales sur le vélo. On paye  très cher, (quasi le prix de France) et le linge est mal lavé, car la lavandière (arabe) triche, et stoppe ses machines avant la fin du cycle. Mireille peste chaque fois, contre cette "Rhadia", qui ne fait pas bien son travail. C'est la seule boutique de la marina qui fait laverie, elle possède 4 machines normales, de maison. C'est Rhadia qui fait tourner tout ça. Et elle fait ce quelle veux. Afin de faire des économies, et de faire plus de clients, elle avance souvent le programmateur ou ne met pas de savon. Comme les autres en ville ne sont pas mieux, et éloignés! On a donc décidé de franchir le pas.

N'étant pas trop grosse, et très légère, on pourra la caser aisément dans le bateau.

Nous l'avons acheté à Sousse et ramenée avec le break. Maintenant, elle trône sur le quai devant le bateau.

Mireille la trouve très pratique. Le linge est très bien lavé. Elle en est très satisfaite!

Et charbonnier (Lavandière) est maître chez lui (elle).

 

Alberto (Suite)

Le feuilleton Alberto continue, car pour nous, sa navigation méditerranéenne, est devenu un feuilleton!  

 

Voici ce qu'écrivait l'auteur en 2005 à son sujet.

Lors de notre arrivée au mois de mai, nous avons retrouvé nos vieux amis d’"Aquarel" (qui sont actuellement aux Canaries, en route vers le Brésil.).Lors d’un dîné à bord de leur bateau, nous avons  fait connaissance d'Alberto qui était leur voisin de quai. Alberto, le seul Italien de la communauté, arrivé en décembre sur sont petit voilier (9.50 m). Le crâne comme une boulle de billard, il parlait français comme une vache italienne. Nous avions sympathisés, puis chacun de notre bord nous sommes partis.

 

A notre retour nous avons retrouvé l’Italien et son crâne luisant, toujours hâbleur et plaisantin, Au fil du temps, nous avons doucement lié une vrai amitié. Je lui apprends  le français, corrigeant ses " jolis " pour bien, ses " minuit " pour minute, " chevau " pour cheveu etc.…

Lui corrigeant mon italien de la même façon.

Alberto a 60 ans, il est veuf, et, est à la retraite depuis 20 ans. Il était pilote de chasse dans l’aviation italienne, volant pendant des années sur le bisonique américain F I04. A la fin de sa carrière, il a même fait partie de la célèbre patrouille de voltige italienne « les flèches tricolores ». (Équivalant transalpin de la patrouille de France)  en plus il est colonel dans l’aviation de chasse italienne.

Il a acheté son bateau, un Alpa 9.50… " Blue Moon " et avec ce petit voilier, très étroit et très marin il a sillonné toutes les mers du monde dans tous les sens, de plus, il a effectué des convoyages de plusieurs voiliers italiens vers  tout un tas de destinations lointaines et exotiques. Son épouse institutrice venant avec lui dans des coins les plus reculés, lors des vacances scolaires, Cuba, Marquises, Tahiti, Seychelles, Maldives, Indes, etc. Ils prévoyaient l’achat d’un bateau plus grand lors de la retraite de son épouse…. Puis le drame survint, il y a 6 ans, lors d’un voyage en bus avec sa classe, qu’elle accompagnait, ce fut l’accident, sur une autostrada, le bus à sauté d’un viaduc dans le vide. Tous les occupants du bus (50) sont morts.

Il y a 4 ans Alberto, qui écrit dans des revues d’aviation, et nautiques, a décidé de faire le tour de la Méditerranée, en passant part toutes les bordures, et il doit écrire ses impressions pour un livre qu’on lui à commandé. Il est parti de Venise (près de chez lui) et a longé les côtes. Tous les étés il laisse son bateau dans un port, rentre en Italie, prend sa caravane, et va faire de l’escalade dans les Dolomites, ou les Alpes. Il retrouve son bateau des l’automne, et repart tout seul pour ses navigations hivernales. Bien sur il longe la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie. Tout ça parait bien banal, mais ensuite, il a abordé la Syrie, puis le Liban, il à poussé jusqu’en Israël, d’où il à été refoulé, (parce que arrivant directement du Liban) il est reparti sur Chypre quelques jours, puis retour en Israël, ou là on l’a accepté, ayant un visa chypriote. Chaque fois il reste plusieurs semaines dans le pays, part le visiter en stop, ou en taxis collectifs, le sac a dos coucher dans des villages, souvent chez l’habitant, sans connaître un mot d’Arabe, d’Anglais… toujours en italien et gestes… (Surprenant non !)  Il a trouvé en Israël des marinas neuves mais vides. Il laisse son bateau 3 mois près de Tel Aviv. Puis c’est l’Egypte, et la Libye, sans jamais rencontrer de difficulté notoires dans aucun des pays (très peut de navigateurs ont abordés ces pays) traversé, ni avec les autorités, ni avec la population. En Libye, il avait besoin d’un ½ L d’huile pour son moteur, il demande ça au responsable du port, qui lui fait livrer un bidon de 50 L cadeau…. Mais son petit bateau ne peut pas charger un tel bidon…. Finalement il se retrouve avec un tout petit bidon de…10 L. toujours cadeau !! Et en prime le plein de fioul.

En Décembre dernier il a atterri à Monastir afin de rentrer en Italie pour un mois, mais des problèmes familiaux l’ont obligé a rester jusqu’en avril, retardant son départ de I an…

C’est là que nous l’avons rencontré.

 Le printemps prochain, il part longer les côtes Tunisiennes vers l’Algérie, ou il compte faire plusieurs escales, et le Maroc ou il va laisser son bateau cet été. Plus tard, Mauritanie, Cap Vert etc.……..et Inch Allah, le Brésil.

Toujours rigolard, toujours plaisantant, toujours prêt à rendre service il à été adopté par tout le monde, aussi bien tunisiens qu’européens.

Mais pour moi c’est sans doute un des meilleurs marins que je n’ai jamais rencontré…..

 

 

L'auteur, dans la dernière gazette, avait narré son départ  vers la côte  Nord de la Tunisie, puis vers la côte algérienne!!!

 

Grâce au Gsm, et au mel, nous suivons l'Odyssée algérienne de "Blue Moon" et de son skipper. Son escale très mouvementée à Bizerte, ou il est arrivé sous un violent coup de NE, ou, a quai amarré à un ponton flottant, il est obligé de plonger au fond du port, pour doublers ses amarres de proues à la chaîne mère, le vent soufflant à 65 n. Son bateau risquait de se faire éventrer par le ponton. Son départ pour l'Algérie, son escale à Annaba, ou il n'a pas l'autorisation de descendre à terre. Le chef de la police locale l'interdit !!! Il s'échappe vers Collo, un port de pêche  20 milles plus loin. Là, problème de moteur, une soupape c'est détachée, et  s'est brisée. (Le moteur a été entièrement refait à Monastir l'hivers dernier) Il y attend la pièce qu'il fait venir d'Italie. Mais, n'ayant pas d'autorisation provisoire, il ne peut toujours pas fouler le sol algérien. Il commence à manquer de vivre. Un policier l'accompagne pour faire ses achats. Il peut ainsi acheter une carte GSM algérienne. On peut continuer d'échanger nos impressions par tel. Aucun policier n'est apparemment pas habilité pour lui donner une autorisation d'entrée dans le territoire!!! C'est plus compliqué qu'en Tunisie!!! Donc il reste en transit. La plupart de ses achats d'aliments se font par l'intermédiaire de connaissances locales.

 

Malgré tout ça, il est très bien traité, les algériens sont très gentils avec lui, mais ils sont très gênés, et ne peuvent pas prendre de décisions à son sujet. Ils ont sans doute peur de leurs hiérarchies.

 

La pièce est arrivée, le moteur  réparé par un mécano local. Il part vers Sidi Ferruch, ou il y à une marina récente. Le seul port où, "on doit lui donner un laissez-passer…" (20 milles  à l'Ouest d'Alger)

 

Ça fait maintenant près de 1 mois qu'il est en Algérie, il n'a toujours pas pus faire un tour à terre. Arrivé dans la fameuse marina, on l'accueille gentiment, mais on lui signifie qu'il ne pourra pas en quitter l'enceinte à cause des risques d'attentats contre sa personne. La nuit il y a 3 policiers armés qui stationnent devant le bateau, afin de le "protéger"!  Il peut néanmoins poser son pied sur le sol algérien,  se promener le long des quais, aller dans les restaurants et des boutiques de la marina. Il peut aussi y acheter sa nourriture. Une prison dorée!!!

 

 

 

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Publié dans kheops

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