07 Enfin en mer
Ou on prend la mer
La canicule extrême est tombée sur nous, depuis 2 J. + 40° dans le bateau 55° dehors. Malgré la ventilation forcée et les tauds. Dehors, pendant les heures chaudes, lorsque nous sortons, nous avons l’impression d’entrer dans un four de boulanger. La brise brûlante vient de l'intérieur des terres, nous sommes obligés de nous calfeutrer à l'intérieur.
Le soir le soleil tape en plein dans le cockpit. Il n'y à même plus l'air du thermique, qui habituellement, nous rafraîchis. Impossible de travailler dehors dans ces conditions… L'air est tellement sec que nous ne transpirons même plus. Le ventilo tourne nuit et jour, il nous renvoi de l'air chaud.
La nuit aussi est étouffante, elle ne nous amène un peu de fraîcheur que vers 2 h. Le cockpit est avenant, prêt à nous recevoir, enfin clean, nous y somnolons après le dîné jusqu'à minuit "à la fraîche"…
Vivement que nous soyons en mer!!!
Coup de bol! Momo le tapissier, vient de nous finir, le nouveau grand taud de soleil que je lui avais commandé. Il est clair et léger, et recouvre tout le bateau, à partir du mat, au dessus de la bôme. Enfin il nous protège bien du soleil.
Nous entendons à la radio, et nous recevons des méls de Grèce. Apparemment c'est pareil sur tout le sud de la Méditerranée la canicule sévit. Maroc, Algérie, Sicile, Grèce, Turquie, c'est Kifkif! Ici, en plus, les brises de Sud passent sur le désert, et elles sont brûlantes.
Je suis monté en ville avec le vélo, il me fallait aller au cyber. J'ai attendu 17 h pour que la chaleur tombe un peu. Je pose mes lunettes de soleil sur le nez, pourtant stockées à l'ombre, elles me brûlent presque la face. En ville l'air chaud me frappe le visage, cela me rappelle les cuisines du restaurant…. Quand en plein été je me penchais vers le four ouvert, pour sortir un gratin ou un poisson.
L'eau de mer nous rafraîchi à peine, sa température à brutalement augmentée, et nous recevons des fortes risées d'air chaud, tout ça est à peine croyable.
Enfin un fort Mistral s'est levé, pendant la sieste. Un vent du Nord rafraîchissant. Il est accueilli avec plaisir. D'accord, notre beau taud tout neuf, à tendance à s'envoler. Le vent s'engouffre dessous. Il nous faut refaire son amarrage.
La température est tombée de 15°, on revit.
Nos hôtes arrivent.
Dimanche 1er Juillet 17 h. Nous attendons devant la porte des arrivées de l'aéroport
"Habib Bourguiba" de Monastir. Notre copain Michel nous a prêté son vieil Espace pour aller chercher Maria et Patrick nos hôtes. Il fait une chaleur à crever, je me tiens un torticolis carabiné (La vitre de la voiture ouverte, quand on est en nage!!!)
Comme on ne les connaît pas, j'ai préparé mon petit papier avec "Kheops" écrit dessus. Bien évidemment, des dizaines de passagers passent devant nous, on se demande si on ne les a pas loupés. Les effluves, les embrassades, autour de nous, c'est la joie des retrouvailles. D'autres passagers font la queue devant les stands de FRAM, ou autres voyagistes, afin d'être pris en charge par les chauffeurs de leurs hôtels.
Mais nous, toujours pas de Pat & Maria!!! Sont-ils à bord? Ont-ils loupés leur vol?
Patrick m'à téléphoné ce matin: Ils prennent le vol d'après. Au lieu de 15 h, ils arrivent à 17 ! Ca nous a laissé 2 h de plus pour fignoler.
Ha! Voilà enfin! Je reconnais Maria à ses longs cheveux bouclés. Patrick la suit avec le caddie des bagages. (Ils nous avaient envoyé leurs photos).
Première prise de contact très chaleureuse, ils sont tous deux très sympa… On est parti tous les 4 dans l'Espace!!
Lampedusa. Patrick et Maria sont à terre, ils visitent l'île. Mimi et moi nous en profitons pour nettoyer et ranger. La journée d'hier a été bien agitée.
Le Lundi 2 nous avons amené nos hôtes visiter la médina en même temps que Mimi complète les vivres avec du frais. Nous achetons un max de fruits, de légumes, du poisson, des crevettes, et de la viande.
Nos Hôtes en profitent pour muser en ville, ils sont très ouverts et sympathiques. Maria est américaine, du Kentucky. Elle est océanographe, et bosse depuis 10 ans à l'UNESCO…
Patrick luis aussi travaille à l'UNESCO? Il y est informaticien? Ils sont très motivés pour apprendre à naviguer, et depuis 4 ans font régulièrement des stages aux Glénans… Ce sera leur première navigation avec des traversées.
Ils se promènent au milieu du marché, surpris par l'ambiance, et les odeurs qui règnent. Personnellement je les laisse tous les 3, et fonce au cyber espace avec le Compac, afin de prendre les derniers méls, et surtout une météo récente.
Le temps est couvert, il ne fait pas très beau, la brise de Sud, c'est levée, des rafales à 20 n nous gardent a quai. Nous partirons demain Inch Allah.
Après avoir fait le plein de fioul, nous allons mouiller aux îles Kuriats. Nous leur faisons découvrir les îles tunisiennes, et les oursins. Direction Mahdia pour faire la sortie du pays. (Sinon, nous n'aurions pas pus nous arrêter sans les îles)
Départ pour Lampedusa, prévu le mercredi matin après un complément d'avitaillement. La météo tunisienne nous annonce 40 n de vent de NW. (Mes prévisions nous donnaient 25 n)
Donc, Stand-by! Une autre journée à buller. Nous en profitons pour régler quelques petits problèmes que nous avons découverts au cours de ces 2 jours. Il nous aurait fallut faire un petit galop d'essai avant le grand départ, mais!!! Cette virée au Kuriats nous aura permis de tout vérifier.
Nos 2 amis sont assez contrariés de ce contre temps, ils veulent aller vite, à la mode parisienne. Le départ est remis au lendemain, le météorologue local, nous a confirmé que le vent soufflera moins fort.
Debout à 5 h, je vais réveiller le policier, il appelle le douanier qui est en ville. Et nous débutons les formalités!!!
Et là, problème! Mireille pour laquelle, j'ai fait tout un tas de démarches auprès du bureau des étrangers, du fait de son dépassement des 3 mois légaux. Mimi pour laquelle nous avons payé 60 Dt de timbres fiscaux (10 par semaine de dépassement). Hé bé! Mireille n'est plus en règle… Elle à dépassée de 1 jour sa date de validation de visa. (Il fallait qu'elle sorte avant le 5, et, à cause du coup de Mistral, nous partons le 6). Pataquès… il faut l'accord du ministère qui n'ouvre qu'à 8.30 h. Alors on attend… Nos hôtes sont plutôt contrariés…
Finalement nous n'appareillons qu'à 10 h, après être allé acheter un autre timbre Fiscal de 10 Dt, et avoir reçu l'accord du Ministre ??? Le commissaire très gentil, est sincèrement désolé, on lui à il à 2 ans retiré le pouvoir d'agir en conséquence. Lourdeur Administrative Oblige…
Pôvre Tunisie…
En mer, la chanson est différente, il y a moins de vent, OK, mais la mer reste bien formée. Nos amis sont un peut inquiets, ils nous ont demandé les brassières de sauvetage, au cas où…
La mer est certes forte, mais peut puissante. Le vent apparent ne dépasse pas 22 n. Kheops, vent de travers, tout dessus, abats les milles à un bon rythme. Il se comporte à merveille, nos passagers commencent à se sentir à l’aise. Le pilote automatique tiens bon le cap. Je leur propose de barrer afin de prendre le bateau en main. Ils acceptent avec réticence, barrent chacun quelques minutes, puis me rendent le manche prétextant qu’ils n’ont jamais tenu de barre à roue. C’était l’occasion où jamais d’apprendre !!! Qu’apprennent’ ils aux Glénans.
A 20 h nous sommes à l’ancre dans notre mouillage favori, à l'abri de l'île. Les 80 nautiques ont été bouclés en 10 h.
Le lendemain visite express de Lampedusa, avitaillement. Toujours le proscuito, les spaghettis, et bien sur du Johnny, plus quelques bricoles sans importance. Passage au Shipchandler local, pour quelques achats de matériel qui nous manque cruellement à Monastir. Café straito, gélati complètent le séjour.
Des l'aurore le marathon continue, cap sur Gozo à 85 M de là. Pétole de chez pétole, (calme plat) la mer est sans rides. Les lignes sont à l'eau, et sur le tombant de l'île, nous traversons une chasse. Le moulinet bâbord se met vivement à hurler, la ligne part à une vitesse incroyable. Le temps de stopper le bateau, le moulinet se dévide à vue d'œil. Des que je serre un peut le frein, un choc sur la ligne m'apprend que la bestiole qui a mordu le leurre à explosé la ligne. Le poisson devait être sacrement gros. Un Rapala de perdu !
Vers 21 h nous rentrons dans le cirque naturel de "Dwejra bay", au NW de Gozo. J'ai déjà décrit ce mouillage fantastique entouré de hautes falaises. Il plait beaucoup à nos amis.
Marina de Mgarr, port de l'île de Gozo. Après avoir longé tranquillement les hautes falaises de calcaire. Mise à quai réussi. "Pepe" un vieux copain de Monastir, nous aide pour la manœuvre et prend nos amarres. Il est là depuis quelques jours avec Carmen son épouse.
Et sont bateau rouge "Azul". Pavillon espagnol, ils revendiquent leur identité de Catalan de Barcelone. J. Pierre de "Utinam", lui aussi Monastirien vient aussi nous accueillir.
Patrick & Maria se préparent rapidement pour aller faire un tour à "Victoria", la capitale de l'île. Jean Pierre, très sympa nous avance 1 LM pour qu'ils puissent prendre le bus. Le problème du change est toujours aussi récurant dans le port. La gare maritime est enfin en voie de finition, mais toujours pas de distributeur de billets.
L'an prochain les maltais vont enfin passer à l'Euro. Ça va leur faire un choc financier. Mais déjà dans tous les commerces, les prix ont le double affichage, et nous pouvons régler nos achats avec la monnaie européenne.
Pendant que Mimi rince abondamment le pont, je fais ma visite à l'immigration pour faire notre entrée et la capitainerie pour payer la dîme. La brise de NW est en train de sérieusement se lever, heureusement qu'on a quitté Dwejra ouvert à ce vent. Le soir nos amis sont très heureux de leur visite dans la vieille capitale.
Cap sur Valletta, après un détour par la petite île de "Comino" et son très fameux "Blue Lagoon" nous longeons la côte très urbanisée de Malte. "Mellieha Bay" suivit de l'île de St Paul, arborant la grande statue du saint. Pas le temps de flâner, ni de se mettre au mouillage. Dans "St Paul's Bay" une immense barge de recherche pétrolière, et son remorqueur, sont a l’ancre.
La très phallique tour du Hilton nous guide vers "Grand Harbour" le port de commerce de" La Valette". Nos passagers sont subjugués par la vision de la vieille ville et de ses dômes. Nous passons par la petite passe (10 m) dans la grande jetée qui protège "Grand Harbour". Très étroite, on est ballotté par les vagues qui commencent à lever. Le passage est étroit, on va sortir la vaseline. Devant nous s'ouvre le grand port de Malte.
La découverte du port de commerce est toujours très intéressante, car en général, on y découvre de nombreux grands navires à quai. Mais aujourd'hui rien, juste un petit bateau de croisière, et un patrouilleur Grec. Nous allons jusqu'au fond du bassin, et, surprise, un petit hydravion se pose derrière nous. C'est apparemment un petit avion de transport de passagers. Il se met à quai sur un appontement spécial.
Dans l'autre rade qui enserre la capitale, "Marsamxett Harbour" nous prenons un corps mort devant le chantier naval de "Manoël island". Le vent souffle à 20 nœuds, la manœuvre est délicate. Ça peu souffler fort, l'amarre qui nous relie à la tonne, est énorme, on peut à peine mettre la boucle sur le taquet.
Débarquement de nos hôtes, ils vont visiter Valletta "in town". Nous pouvons vaquer à bord, et nous allons à terre. Promenade sur la corniche, visite aux petites épiceries qui parsèment les rues, visite prolongée au cyber espace pour avoir de tes nouvelles, et en donner des notre. Vers 13.30, nous nous faisons une salade dans un très beau pub à bière. Les Maltais, ont gardé cette tradition britannique des beaux pubs. Un cadre chaleureux, tout en bois, rustiquement décorés, des grosses tables en bois massif, des écrans plats disposés partout, diffusants des spots. Le soir, l'ambiance dans ces bars à bière doit être très chaude. Les consommations son à un prix abordable, une pinte de bière, (40 cl) 1 pound, (2 € 33) un scotch 3 €… rien à voir avec nos bistrots.
Mireille a fait un faux mouvement en marchant dans le bateau, elle souffre beaucoup d'un genou, il va falloir qu'on trouve un toubib. Dur en bateau, pour les articulations, monter descendre sans arrêt, sur un sol mouvant, il faut des attaches solides.
Le téléphone sonne, Patrick m'indique qu'ils nous attendent sur la corniche. Le vent souffle de plus en plus fort, et dans le bassin, de bonnes rafales nous gênent pour monter, et descendre de Kéké. Ils sont un peut déçu, car ils n'ont pus tout voir. Les édifices fermant à 16.30 h!!!
Le moteur de Kéké me pose quelques problèmes. Gros problème de carburation que je n'arrive pas à régler, il se noie sans arrêt. Il faut toujours qu'il tourne à fond! A bas régime il cale! Impossible à redémarrer. Démonte la bougie, un coup de kleenex pour la sécher, remonte, tire la ficelle et ça repart à fond. Jusqu'au prochain arrêt. C'est pénible, et ça ne fait pas très sérieux. A Monastir, l'essence avait séchée dans le carburateur, laissant des déchets qui ont bouchés les gicleurs. J'ai donc dus démonter totalement le carburateur, et certainement déréglé la richesse. J'ai bien demandé à Sabrit le mécano local, de le régler, ça avait l'air de bien fonctionner, mais au fil des jours ça c'est dégradé. Ils ne sont pas trop doués pour les réglages fins de ces petits moteurs.
A Lampedusa, je suis allé voir le loueur de bateaux que je connaissais, il a gentiment passé une ½ h à le régler, à mit une bougie neuve, m'à expliqué que le carburateur fuyait, et donc il y a prise d'air. Tout ça gratuitement!!! La gentillesse des locaux. Il se peut que les joints soient usés!!! Bon! On verra ça à Syracuse, il doit bien y avoir un spécialiste!!!
5 h du matin je suis debout, le vent souffle toujours fort. Nos hôtes suivent. Vers les 7 h, après le breakfast. Ils se mettent à discuter des conditions de nav. Moi je ne suis pas très chaud pour partir, eux sont pressés, et veulent passer 2 jours à Syracuse. Ils ont leur avion le Samedi 14. Benoîtement je pensais leur faire plaisir en leur proposant de rester à bord 2 ou 3 jours de plus, comme invités. Mais, non il faut à tout prix être le mercredi soir en Sicile, ils ont réservé dans un Bed and Breakfast. C’est bien des parisiens, il faut faire vite !!!
Pour mon point de vue, il n'est pas raisonnable de partir, il y à plus de 30 n de vent, et ils ne sont pas assez aguerris, pour affronter ce style de temps. Et nous, n'avons pas trop envie de nous faire tordre, on a suffisamment donné. Ils prennent une décision, qu'ils avaient certainement envisagée hier. Ils prennent un ferry rapide (catamaran) pour rejoindre la Sicile.
Vers les 8 h je les débarque. A 10 h, ils m'appellent. Aujourd'hui pas de ferry, la mer est trop forte!!! Ils prendront le bateau demain matin à 6 h. En attendant ils vont continuer leur visite. Voilà c'est réglé!
Dernière soirée a bord, Mimi, a mijotée toute l'après midi de bons petits plats. Apéritif amélioré, excellente soirée bien appréciée de tous. A 5 h rebelote, il faut qu'ils soient à 5.30 à terre, un taxi les récupère devant un palace. Adieux, plutôt, au revoir, a bientôt. Passagers et bagages vont à terre. By by, Maria & Patrick…
Hé ben nous! On se recouche… et on bulle toute la journée, le vent est toujours là. Nous avons plus de 10 j de break…
Visite à Marsaxlokk, la baie du Sud, ou résident nos potes. La Goélette, ex 3 mats, gît toujours là, telle une épave. Nous mouillons à côté. Fred, sont patron nous à vus arriver et vient à bord. Il est toujours en attente du procès qui lui permettra de refaire son bateau à l'identique. (Voir l'historique de ce malheureux accident dans la gazette de septembre dernier)
La traversée vers la Sicile se déroule par calme plat le 14 Juillet. Au départ, nous longeons les nombreux parcs à poissons, immenses nasses à thon. De nombreuses barges avec des grues hydrauliques s’affairent autour de ces grands cercles de caoutchouc. Nous passons prêt d'une dizaine de grands cargos, ou pétroliers au mouillage par 60 m de fond. Ils attendent leur carburant. Des petits tankers ravitailleurs rouges font la noria, et viennent s'accoler à eux tel des rémoras, pour leur délivrer le précieux liquide.